Antoine Gosset-Grainville (BDGS) : 10 ans de proximité avec François Fillon
Cela fait 10 ans que le chemin d'Antoine Gosset-Grainville a croisé celui de François Fillon. Les deux hommes se sont rencontrés sur les conseils d'Alexandre Bompard. A l'époque, le Premier ministre était à la recherche d'un directeur de cabinet adjoint. L'actuel patron de la Fnac -ancien conseiller économie pour François Fillon- décline le poste afin de rester chez Canal+ mais propose alors à François Fillon de se rapprocher d’Antoine Gosset-Grainville -inspecteur des finances. C'est ainsi que ce dernier arrivera à Matignon, où il sera en charge des questions économiques.
Le courant passe bien ouvrant la voie à une période de trois ans pendant laquelle les deux hommes travailleront de façon étroite. La première partie du quinquennat est alors tournée vers la mise en place du programme législatif du Président de la République Nicolas Sarkozy (défiscalisation des heures supplémentaires, modernisation de la vie économique etc.). La période suivante aura, elle, été assez particulière. En 2008, la crise financière éclate obligeant la puissance publique à concentrer une grande partie de ses moyens et de ses talents à la gestion du choc.
Dans le cadre des primaires républicaines, puis de la campagne présidentielle, Antoine Gosset-Grainville n'a pas endossé de rôle officiel. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir gardé une grande proximité avec François Fillon qu'il conseille toujours notamment sur les questions économiques et sur la mise en œuvre du projet présidentiel. L’avocat est en effet convaincu qu'il ne faut pas disperser ses efforts. Dans cet esprit, il a notamment planché sur les principaux verrous qui font que la croissance peine à rebondir. Ces derniers ? La lourdeur du droit du travail, l'excès de charges, le poids de la sphère administrative qui empêche de baisser durablement les impôts.
Antoine Gosset-Grainville est d'autant plus à même de parler de ces sujets qu'il a connu les contraintes du public mais aussi celles du privé. Cet Enarque (promotion Léon Gambetta, 1993), également diplômé de l’IEP de Paris, a en effet évolué à plusieurs reprises entre ces deux domaines. Une expérience bonne pour l'un comme pour l'autre et qui mériterait de faire l'objet de moins de cloisonnements, à condition que ces allées et venues se fassent dans le cadre d'une gestion très rigoureuse des situations de conflits d'intérêts.
Côté privé, ce proche de François Fillon a créé il y a quatre ans un cabinet d'avocats, aux côtés de trois anciennes figures de chez Gide Loyrette Nouel. Les quatre mousquetaires de BDGS ont relevé le défi qu'ils s'étaient fixés : à savoir faire émerger une troisième maison française spécialisée dans le droit des affaires aux côtés de Darrois Villey et Bredin Prat. Et ce, dans une période loin d'être facile. Ils sont aujourd'hui 35 avocats, venus souvent de maisons prestigieuses, spécialisés dans le M&A, le droit de la concurrence ou encore la régulation. Leurs clients sont surtout de grands groupes et des sociétés familiales.
Pour sa part, Antoine Gosset-Grainville partage 50% de son temps entre des dossiers liés au droit de la concurrence, et d'autres liés à des investissements, médiations, conflits d'actionnaires etc. Il a notamment été conseil d'Euronext dans le cadre du rapprochement avorté des Bourses LSE/Deutsche Börse. Il faut dire qu'il connaît extrêmement bien le fonctionnement Bruxellois puisqu'il a été conseiller pour les affaires économiques et monétaires au cabinet de Pascal Lamy, alors commissaire européen. Il a également été avocat puis associé résident du bureau de la capitale belge pour Gide.
Et pour la suite ? Rien ne filtre sur une possible envie d'Antoine Gosset-Grainville de rejoindre le gouvernement en cas de victoire de François Fillon. A noter également que notre avocat a laissé un très bon souvenir à la Caisse des Dépôts, dont il a été DG adjoint chargé de la stratégie, du pilotage des finances, des participations et de l’international. Il a également assuré l’intérim de la direction générale en 2012 et y aura notamment travaillé sur le cas Dexia. Actuellement, il n'est pas certain que Pierre-René Lemas puisse achever son mandat de DG à la Caisse. En interne, il se murmure que si cela devait arriver, on aimerait bien voir Antoine Gosset-Grainville reprendre du service.
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