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Jérôme Barré (Franklin) : si la fiscalité m’était contée

Celui qui anime l’expertise patrimoine et entreprises familiales du cabinet, a travaillé chez AXA ou encore Rothschild & Cie Banque. Entre recul amusé sur le passé et combats d’aujourd’hui, Jérôme Barré s'avère un fin négociateur.
Jérôme Barré - Franklin
Jérôme Barré - Franklin

Si Jérôme Barré, associé chez Franklin, n’entre pas dans la catégorie des avocats dits "plaidant", la verve est loin de lui faire défaut. Evoquer avec cet expert du juridique et du fiscal son parcours revient à écouter un conteur d’histoires dérouler sa vie professionnelle en l’agrémentant des différentes personnes, voire personnages, qu’il a rencontrés tout au fil de sa carrière. Que ce soit l’anecdote peu reluisante de l’un de ses patrons qui touchait des pots-de-vin mais aimait aussi en boire, celle d’un vieux fiscaliste brillant qui passait son temps chez Drouot ou d’avocats argentins un peu margoulins sur les bords, le déroulé du CV est pimenté et franchement drôle.

Pour autant la matière dans laquelle s’est spécialisé Jérôme Barré, 57 ans, ne se donne pas à lire facilement de prime abord. L’avocat - qui enseigne d’ailleurs à l’ESCP, Paris V ou encore à Dauphine - sait la rendre vivante. Pour ce qui est des litiges avec l’administration fiscale, on apprend que : "si dans le cadre d'une vérification fiscale ou d'un litige il est entendu qu'il convient évidemment de limiter le coût financier d'un redressement, il est important également que l'administration conserve une bonne image du contribuable. Autrement dit, l'administration risque de se souvenir longtemps d'un contribuable 'pourri'", signifie l’expert, qui précise qu’il est nécessaire de savoir discuter avec l’administration. Tandis qu’au détour d’un exemple, Jérôme Barré - qui ne s’est pas construit un joli carnet d’adresses par hasard - confie toutefois qu’ "il convient de demeurer en éveil et de demeurer réactif aux remarques ou interrogations du fisc".

L’avocat essaie le plus possible d’être dans une démarche d’entrepreneur, ce qui va au-delà de la technique. Par exemple, pour ce qui est de réfléchir à des opérations en vue d’une transmission, qui implique aussi celles des générations à venir. Mais, in fine, il revient toujours au client de choisir. On se rend alors compte que le rapport aux autres et la psychologie jouent un rôle prépondérant. "C’est pour cela que notre équipe est composée de professionnels dotés de personnalités différentes, et ayant des expériences différentes. Il s'agit d'adopter une attitude critique sur nos propres analyses, ainsi en général, mes collaborateurs prennent une posture opposée à la mienne en vue d'élaborer une analyse mieux construite, ils ne sont pas toujours d'accord avec moi", s’amuse Jérôme Barré. Lequel s’est aussi entouré de stagiaires, afin de leur faciliter l’entrée dans la vie active, ce qu’il aurait apprécié d’avoir au même âge.

Jérôme Barré, dont les parents ne le trouvaient pas suffisamment travailleur étant jeune, ont vu leur fils essayer de prouver le contraire notamment lors de son master II à Panthéon Sorbonne et simultanément à Paris Descartes (fiscalité appliquée), lesquels faisaient suite à une licence à Tours, et à une maîtrise à Paris II. Afin de gagner sa vie, il a été conduit à plancher sur des déclarations de revenus dans un cabinet de taille moyenne de l’avenue Montaigne. Il intègre ensuite le monde de l’entreprise, en l’occurrence AXA, dont la renommée et la taille n'était pas encore ce qu'elle est aujourd'hui. Il y sera "un homme à tout faire pour le droit des sociétés (fusions, acquisitions, offres publiques d'achats et de retrait) tout en conservant une forte composante fiscale". Jérôme Barré intégrera ensuite la Fédération du Crédit Agricole, où il assistera de nombreux contrôles fiscaux, "un sport qui m’intéresse énormément", commente-t-il. Il y travaillera aussi sur les fusions des caisses régionales, "en collaboration avec des directeurs généraux et directeurs comptables d'une très grande qualité".

A 32 ans, son réseau AFEP (association des entreprises privées, du temps d'Ambroise Roux) lui ouvre les portes de Rothschild & Cie Banque, qui cherchait alors le successeur de son fiscaliste. Ce dernier a appris à Jérôme Barré à "venir sans son Mémento fiscal pour participer aux rendez-vous". Dans cette banque de renom, il a pu pratiquer de manière intense quasiment tous les domaines du droit et de la fiscalité, il a pu ainsi marier fiscal personnel et corporate. Après cinq ans de travail particulièrement intense, il décide de redevenir avocat. Son envie ? Se consacrer à une spécialité savamment nommée "fusions et acquisitions de personnes physiques. Un secteur, technique, qui allie les transmissions, les cessions, les contrats, le droit des sociétés et qui prend aussi en compte la fiscalité des corporate et des personnes. Un secteur qui regroupait tout ce que j’aimais, exigeant ténacité et synthèse, alliées à une approche psychologique indispensable, le tout dans un contexte international."

Pas totalement tout, car Jérôme Barré a aussi d’autres dadas. On citera la chasse à tir mais aussi à courre qu’il pratique en Touraine angevine, les antiquités et depuis plus récemment la peinture. Passionné également par son travail, il est vent debout contre l’imposition à la source, en partie pour l’impact que cela aura sur la capacité des ménages à consommer. Il cite aussi le risque d’accroissement de la précarité des femmes qui pourraient parfois faire les frais du taux d’imposition de leurs maris. L’épouse de Jérôme Barré a semble-t-il réussi à mener sa carrière et sa vie de famille de front. Mère de quatre enfants, elle a notamment été cheffe de cabinet de Gérard Larcher alors qu'il était ministre délégué aux Affaires sociales, puis président du Sénat. Elle est actuellement au comité de direction de SNCF immobilier. Mais, point de détails croustillants quand il s’agit de la famille de Jérôme Barré, un ton plus neutre est adopté, qui à côté du reste, fait figure de pudeur.

 

 

 

 

 

 

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