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Paul de Leusse : l’homme qui veut transformer en profondeur Indosuez

Directeur général de la filiale du Crédit Agricole depuis 2016, ce Polytechnicien travaille sur l’évolution du métier de banquier privé ou encore à la digitalisation de son établissement. Il reste néanmoins centré sur ses clients et ses collaborateurs.
Paul de Leusse - Indosuez
Paul de Leusse - Indosuez

Paul de Leusse, directeur général d’Indosuez Wealth Management, a un goût prononcé pour la transformation. Arrivé en juin 2016 à son poste, il a d’ailleurs déjà présenté son projet jusqu’à 2020 pour la filiale de gestion de fortune du Crédit Agricole. Ses grands axes de travail : la compliance, la digitalisation ou encore l’évolution du métier de banquier privé. En faisant le choix de Paul de Leusse, la banque verte ne s’est pas trompée. L’homme est aussi bien doté sur le fond que sur la forme. Il a su se distinguer dans ses expériences passées, que ce soit en consulting ou dans la finance. Paul de Leusse a également la personnalité pour faire passer ses idées. Enthousiaste et souriant, il sait mettre ses collaborateurs à l’aise. "Le plus dur est de faire comprendre aux personnes avec lesquelles vous travaillez que ce qu’ils font est en lien avec une stratégie. Même si ce principe est galvaudé, il est très important de donner du sens aux choses", explique-t-il.

Parmi les chantiers délicats qu’il a à mener : celui de faire évoluer le métier de banquier privé. Malgré les transformations qu’ont pu connaître les établissements financiers ces dernières années, cette fonction n’a que très peu bougé. Les experts sont connus pour avoir leur propre clientèle. Ce changement de culture nécessite du temps mais les jeunes générations ne semblent pas rebutées par ce nouvel habit. "Avant, tout reposait sur les banquiers privés qui considéraient que leurs clients leur appartenaient. En réalité, le banquier privé n’est pas propriétaire de la relation, il est chef d’orchestre et a aussi le rôle d’introduire les experts appropriés. Il doit être un peu comme les senior bankers dans les banques de financement et d’investissement", souligne Paul de Leusse.

L'expérience BFI

Cette comparaison avec la BFI ne s’arrête pas là pour le directeur général, qui a auparavant été DG délégué du Crédit Agricole Corporate and Investment Bank (2013-2016). Un lieu où il a "appréhendé toute la tuyauterie de la BFI". Paul de Leusse, qui siège au comité exécutif de Crédit Agricole, rappelle également que ces entités bancaires sont bien plus avancées pour ce qui est de la digitalisation et de l’harmonisation des services numériques offerts à leurs clients. "La banque privée reste un métier assez local. Nos clients, que nous avons sondés et qui ont une réelle volonté de collaborer à cette évolution numérique, ne veulent pas d’une banque en ligne à côté d’Indosuez. Nous devons créer plus d’intimité", explique le DG aux 44 printemps. Pour ce faire, son établissement a déjà mis en place une application (Indosuez Insights), qui offre un accès privilégié à la recherche et MyIndosuez, centrée sur une analyse très fine des portefeuilles, devrait être lancée avant la fin de l'année.

Paul de Leusse n’en oublie pas pour autant la nécessité d’être "irréprochable" en matière de compliance. Indosuez a ainsi renoncé à 15% de sa base clients pour être le plus transparent possible. La banque a mis de côté les résidents des pays qui ne participent pas à l’échange automatique d’information. L’homme travaille également sur l’amélioration du coefficient d’exploitation. Un domaine qu’il connaît bien puisqu’il a été directeur financier de Crédit Agricole CIB de 2011 à 2013. C’est-à-dire en pleine crise de liquidité et à l’heure où les nettoyages de bilans battaient leur plein.

Un game changer

Pourtant, son parcours ne le prédestinait pas à incarner ce dernier rôle. Entrée en 2009 au sein de la banque verte au titre de directeur de la stratégie, Paul de Leusse aspirait à un poste commercial, peut-être plus en ligne avec son parcours. Toutefois, "Jean-Paul Chifflet (ancien DG de Crédit Agricole, NDLR), m’avait alors dit : ‘je vous demande de prendre la Direction Financière de Crédit Agricole CIB, car, dans une carrière, il faut parfois s’asseoir sur des sièges à clous’", raconte notre directeur général. Siège à clous puisque Paul de Leusse, qui aime ce qui est structurant et accompagner le changement, avait travaillé pendant 12 ans sur la transformation dans les services financiers chez Oliver Wyman puis Bain. "Les idées sont souvent là, rarement nouvelles, un changement ne vaut que si vous êtes capable de le vendre. J’y ai découvert un aspect commercial qui ne m’avait pas été enseigné en tant qu’ingénieur."

Paul de Leusse est en effet Polytechnicien et ingénieur civil des Ponts et Chaussées. Il a néanmoins aussi un goût prononcé pour la littérature, l’anthropologie et la pensée structuraliste. S’il aime le côté abstrait des mathématiques, il a aussi écrit un mémoire sur Huysmans. Le monde bancaire lui sied d’ailleurs à merveille. Il y a trouvé un métier complet (complexité, management, distribution etc.). Paul de Leusse apprécie néanmoins aussi les plaisirs simples. Propriétaire d’une maison de campagne dans la vallée de Chevreuse, il y cultive son jardin à l’anglaise avec sa femme et ses trois enfants, âgés de sept à 14 ans. "Le jardinage m’a beaucoup appris. C’est une école d’humilité et vous ne pouvez bâtir un jardin que si vous avez pensé l’ensemble avant de lier chaque détail." Une définition qui vaudrait également bien pour le monde de l’entreprise.

 

 

 

 

 

 

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