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Politique européenne / Brexit

Politique européenne
Brexit

Conseil européen, le Brexit ne sera pas la priorité des 27

De très nombreux sujets seront discutés ces jeudi et vendredi lors du Conseil dont la politique migratoire, le prochain budget de l'UE, la gouvernance de la zone euro et enfin le Brexit. Les négociations concernant la frontière irlandaise ayant peu avancé depuis la dernière rencontre sur la sortie britannique de l'UE, les 27 devraient se concentrer sur les autres sujets.
Londres - Angleterre
Londres - Angleterre

Le sommet du 28 et 29 juin prochain sera sans doute l'un des plus importants et des plus chargés de l'année. Et si les Britanniques pensaient qu'ils seraient le centre de l'attention, eux pour qui cette date signifie potentiellement l'ouverture des discussions sur l'avenir des relations commerciales avec l'UE, post-Brexit, ils devraient être déçus. Car le Brexit ne représente qu'un des quatre sujets fondamentaux que les chefs d'Etat aborderont lors de ces deux jours de sommet, qui débutera jeudi à 14H et se terminera vendredi à 13H30. 

Un timing serré donc où les 27 devront discuter en priorité de la politique migratoire, au centre des préoccupations depuis l'épisode de l'Aquarius le 17 juin dernier, qui a souligné l'urgence pour l'UE de réformer son régime d'asile commun. Après le mini sommet à 16 Etats du week-end dernier pour préparer le terrain, les chefs d'Etat devraient donc de nouveau plancher sur le sujet. Même s'il est peu probable que le sommet aboutisse à une solution validée par tous les Etats sur l'ensemble des questions liées au sujet, comme l'a rappelé Angela Merkel dimanche soir. Le président du Conseil Donald Tusk a en tout cas fait le tour des chefs d'Etat ces dix derniers jours, notamment pour tenter de convaincre les gouvernements les plus à droite, sur la question migratoire.

Question, qui, selon un sondage mené par Thomson Reuters et cité par Oddo BHF Securities, représente le principal sujet d'inquiétude des citoyens européens. Or c'est également la question la plus "épineuse à court terme", souligne Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo, notamment parce qu'elle pourrait faire vaciller la Chancelière. "En Allemagne, l'alliance CDU-CSU pourrait se rompre si Angela Merkel ne parvient pas à convaincre son allié bavarois que sa politique migratoire va se durcir." 

Second sujet dont discuteront les chefs d'Etat à partir de jeudi : le prochain budget de l'UE. Les discussions risquent également d'être animées alors que le départ de la Grande-Bretagne devrait créer un trou de 12,8 milliards d'euros (le pays est le quatrième contributeur derrière l'Allemagne, la France et l'Italie). La Commission a notamment proposé de réduire les fonds pour la PAC, ce qui a été mal reçu par plusieurs pays, dont la France.

Les 27 discuteront également le vendredi après-midi de la réforme de la gouvernance de la zone euro. "La proposition des Français d'un budget dédié a été accepté par Mme Merkel mais les détails ne seront pas tout de suite connus", estime Bruno Cavalier. "Toute la question est de savoir quel montant sera alloué à ce budget ; or de ce point de vue, la France et l'Allemagne ont des visions très différentes", explique pour sa part Carsten Brzeski, économiste chez ING. "Alors qu'Emmanuel Macron souhaiterait que ce fonds représente plusieurs points de pourcentage de PIB, soit quelques centaines de milliards d'euros, Mme Merkel elle a indiqué que la somme ne pourrait dépasser un nombre à deux chiffres". 

La question du Brexit enfin, sera abordée jeudi "dans une configuration à 27" précise l'ordre du jour publié sur le site du Conseil. Ce qui signifie que la Grande-Bretagne n'aura pas voix au chapitre lorsque les chefs d'Etat "feront le point sur les progrès accomplis jusqu'à présent dans les négociations sur le Brexit", précise le communiqué. Les dirigeants s'intéresseront plus particulièrement à l'achèvement des travaux sur les questions relatives au retrait, à la question de la frontière entre les deux Irlandes et au carde des relations futures avec le Royaume-Uni. Or force est de constater que les choses n'ont pas tellement avancé depuis la dernière rencontre sur le Brexit de mars.

La question irlandaise, véritable sac de noeuds depuis le début des négociations, divise toujours autant les conservateurs britanniques, très mal à l'aise sur le sujet puisque leur majorité au Parlement dépend de leur alliance avec le parti nord irlandais DUP. La mise en ouvre de l'accord de retrait est par ailleurs en suspens car les Britanniques restent réticents à accepter l'autorité de la CJUE. Or l'UE a fait de ces deux sujets (frontière et CJUE) une condition sine qua non pour que la période de transition ait lieu.... Il est donc peu probable que le sommet soit très concluant sur le Brexit, alors que d'autres questions plus prioritaires animent les 27 autres Etats. "Le gouvernement de Theresa May est si divisé que la clarification n'interviendra sans doute pas avant la fin de l'année, et sans doute à l'occasion d'une crise politique au Royaume-Uni", conclut pour sa part Bruno Cavalier. 

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