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Activiste / L'Oréal / Nestlé

L’Oréal : la pression monte sur Nestlé

L’activiste Dan Loeb a adressé une nouvelle lettre au groupe agroalimentaire suisse, estimant que sa stratégie était peu claire et que ses efforts pour améliorer le rendement et la croissance ne sont pas encore suffisants. En ligne de mire bien sûr, la vente de sa part dans L’Oréal.
L’Oréal
L’Oréal

Dan Loeb s’impatiente, et le fait savoir. Dans un courrier adressé au management de Nestlé dimanche, accompagné d’un rapport de 34 pages, l’investisseur activiste a fait savoir qu’il jugeait les derniers efforts du géant suisse encore trop timides, et qu’il voulait en voir davantage. Sa firme Third Point, qui avait misé plus de 3 milliards de dollars pour prendre 1,25% du capital du groupe agroalimentaire il y a tout juste un an - soit le plus gros investissement jamais réalisé par un activiste - et avait demandé à son nouveau CEO, Mark Schneider, de céder ses activités périphériques afin d’améliorer sa croissance et ses marges, mais aussi de céder sa part historique de 23% dans L’Oréal. Qui, on le sait, n’est plus liée par un pacte d’actionnaires depuis le décès de Liliane Bettencourt.

Nestlé avait très rapidement répondu à ces requêtes : dès le lendemain de l’entrée de l’activiste, il avait annoncé un programme de rachats d’actions de 20 milliards de dollars d’ici mi-2020. Il avait ensuite annoncé le rachat de la chaîne de cafés haut de gamme Blue Bottle en septembre, la vente de son activité de confiserie américaine à Ferrero pour 2,8 milliards de dollars en début d’année. Et enfin, le mois dernier, un partenariat majeur avec Starbucks pour distribuer ses cafés, un deal d’une valeur de plus de 7 milliards de dollars.

Cela n’est manifestement pas suffisant ni rapide pour son actionnaire remuant : « Le management de Nestlé n’agit pas assez vite pour sortir des activités sous performantes et non stratégiques », regrettant une « approche stratégique confuse ». Plus précisément, il souhaite le voir céder 15% de son chiffre d’affaires pour s’adapter à l’évolution des habitudes de consommation et racheter d’autres cibles, mais aussi bien sûr récompenser ses actionnaires. Et fait en outre valoir que le moment est idéal, entre les multiples élevés et la forte demande stratégique pour ses filiales les moins dynamiques.

Enfin, Dan Loeb avait dès le départ demandé la cession de la part de Nestlé dans L'Oréal, qui n’avait plus de sens stratégique selon lui. Mais Mark Schneider a jusqu’à présent botté en touche sur ce terrain, et l’investisseur juge qu’il a été « incapable d’articuler un raisonnement stratégique convaincant pour maintenir le propriété » de ces titres. Nestlé n’avait pas réagi dans l’immédiat, mais va devoir s’expliquer sur ce dossier, sous peine de susciter l’ire de son actionnaire. Car le titre L'Oréal est lui aussi l’archétype de ces valeurs choyées en ce moment, en hausse de 23% sur quatre mois, sans parler de la plus-value du géant suisse depuis son entrée dans le groupe de cosmétiques, il y a 44 ans.

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