Evenements / L'Oréal / Nestlé / Activiste
Evenements
L'Oréal / Nestlé / Activiste
En 2019, Nestlé va-t-il enfin vendre ses titres L’Oréal ?
C’était un serpent de mer déjà il y a un an, lorsque le décès de Liliane Bettencourt allait entraîner la fin du pacte d’actionnaires qui liait L’Oréal à Nestlé depuis plus de 40 ans. Et depuis, beaucoup de remue-ménage chez le géant suisse et de nombreuses rumeurs ont circulé sur la possible vente des 23 % que Nestlé détient dans L’Oréal, sans qu’aucune ne s’avère pour l’instant fondée.
Pour rappel, le fonds activiste Third Point, emmené par Dan Loeb, s’est invité au capital de Nestlé en juin 2017 et a, dès le départ, appelé le groupe agroalimentaire à améliorer ses performances mais aussi et surtout à céder sa part "non stratégique" de 23 % chez L’Oréal. Un baptême du feu difficile pour le nouveau CEO Mark Schneider, issu du monde de la santé et entré en fonction juste au début de l’année. Pourtant, ce dernier n’a pas cédé à la pression : après s’être déclaré "ouvert" sur le sujet L’Oréal, il a mis en place un plan stratégique axé sur quatre métiers (café, eau, nutrition infantile et animale) et affiché un objectif de marge opérationnelle pour la première fois. Mais point d’engagement sur l’avenir de la part dans L’Oréal, valorisée à 25,8 milliards d’euros au cours actuel.
Et en 2018, Nestlé a à nouveau donné des gages à son remuant actionnaire, d’abord en vendant sa confiserie américaine à Ferrero pour 2,5 milliards d’euros puis en nouant un accord de distribution mondiale des produits Starbucks, pour 7,15 milliards de dollars. En mars, le Suisse a décidé de ne pas renouveler son pacte d’actionnaires afin de se réserver "toutes les options" sur cette participation, ce qui a immédiatement relancé les plus vives spéculations. Mais Mark Schneider se montrait toujours aussi peu enthousiaste sur le sujet, affirmant que Nestlé restait engagé chez L’Oréal et satisfait du rendement apporté par le géant mondial des cosmétiques. L’activiste est encore monté au créneau à l’été dernier, cette fois en attaquant une stratégie "embrouillée" et une organisation "bureaucratique" et peu réactive aux mutations du marché et des consommateurs.
En ligne de mire notamment, le président du conseil, Paul Bulcke, qui serait rétif au changement et empêcherait le CEO Mark Schneider de prendre des décisions plus drastiques. Et ce dernier a depuis ouvert une porte, reconnaissant que le sujet était "une discussion active" du board au début du mois. Nestlé va-t-il céder au rouleau compresseur de l’activiste ? L’assemblée générale de mai prochain, qui doit décider du renouvellement du mandat de Paul Bulcke, pourrait être décisive.
De son côté, L’Oréal est toujours en grande forme, comme il l’a montré lors de ses résultats trimestriels avec une croissance organique impressionnante de 7,5 %, portée par la Chine. Le groupe de Jean-Paul Agon, dont le titre est en hausse de 7 % depuis la correction d’octobre, ne voit pas de ralentissement asiatique pour le moment sur son secteur, et est moins concerné par la guerre commerciale, étant donné qu’il produit davantage localement. Le patron l’a déjà affirmé à plusieurs reprises, le groupe aurait les moyens de racheter cette part, grâce à la vente de sa part de 9 % dans Sanofi par exemple - valorisée à 8,4 milliards d’euros -, ses liquidités, mais aussi l’engagement de long terme réaffirmé par la famille Bettencourt. Un sujet qui devrait aussi tenir en éveil les banques d’investissement de la place parisienne.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

