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Barclays va-t-il trouver le salut aux Etats-Unis ?
Les Etats-Unis, avec leur croissance robuste et un taux de chômage à un plus bas historique mais aussi un contexte de normalisation monétaire, sont-ils l’eldorado des grandes banques mondiales ? C’est en tout cas ce que semble penser Barclays qui, selon le Wall Street Journal, serait en train d’étudier le développement de son activité retail outre-Atlantique. Le CEO Jes Staley, qui a connu des moments difficiles ces derniers mois, a besoin de trouver un nouveau souffle pour l’établissement britannique. Pour rappel, il a été empêtré dans un scandale lorsqu’il a été révélé qu’il avait tenté de découvrir l’identité d’un lanceur d’alerte au sein de la banque, et a été condamné à une amende de 1,1 million de livres à titre personnel. Ce qui a failli lui coûter son poste, à l’image de son prédécesseur Bob Diamond, tombé en raison de l’affaire de manipulation du Libor.
Ensuite, il doit composer avec un activiste, Sherborne Investors, qui a fait irruption en mars dernier en prenant plus de 5% du capital de Barclays, soit son plus gros pari. Le fonds d’Edward Bramson a conduit à toutes les hypothèses, dont un mariage avec Standard Chartered ou encore la réduction de la voilure dans la banque d’investissement. Le CEO a déjà cherché à donner des gages à son actionnaire, en annonçant le doublement de son dividende en 2018, mais cela ne sera pas suffisant. Jusqu’à présent, celui qui a passé 34 ans chez JP Morgan et était devenu CEO de sa banque d’investissement, était très attaché à garder cette activité intacte, malgré la concurrence ardue de son ancien employeur.
Aujourd’hui selon le Wall Street Journal, il aurait plutôt en vue de développer son offre retail aux Etats-Unis, et notamment son offre de cartes de crédit dans un pays où la croissance est tirée aux deux tiers par la consommation domestique. Autre scénario en vue : déployer sa plateforme de paiement britannique dans le pays. Ses concurrentes étrangères, comme ING et HSBC, ont déjà poussé les feux dans le pays, malgré les tensions commerciales actuelles : la première a augmenté les effectifs de sa banque d’investissement de 10% l’an passé, tandis que la seconde a musclé son activité de prêts non sécurisés.
Barclays doit bien sûr gérer les conséquences d’un Brexit de plus en plus difficile et incertain, qui pourrait compromettre une grande partie de son avenir sur le marché local en cas de sortie dure de l’UE, et trouver des relais. Mais la banque s’est déjà largement brûlée les ailes au pays de l’Oncle Sam, et a payé les pots cassés de son exposition aux subprimes américains lors de la crise financière.
Certes, elle a déjà largement renoué avec le pays, qui représente 40% de ses profits l’an passé et où elle alloue 20% de ses capitaux. Elle a également lancé une banque en ligne au Delaware afin de financer son activité américaine de cartes de crédit, et pourrait lancer une offre de compte courant, même si la décision finale n’a pas encore été prise. Mais la menace d’un retournement de cycle plane : les défauts sur les cartes de crédit sont à nouveau en hausse, à 3,65% au premier trimestre, alors que l’économie américaine est sur le point de battre sa plus longue phase d’expansion, d’ici juillet 2019. A moins que la récession ne frappe avant.
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