Crise de 2008 : qu’il était beau, le temps des options !
Après l’éclatement de la crise de 2008, les grandes banques américaines ont notamment eu comme défi de réussir à garder leurs talents. Pour ce faire, la rémunération est restée un outil potentiel. Problème : en période difficile, le temps n’est pas à l’augmentation des fiches de paie. Parmi les moyens à la disposition des financières : les options. Selon les calculs du Wall Street Journal, environ 350 dirigeants et membres du conseil d’administration de Goldman Sachs s’en seraient vu octroyer. Ces derniers pourraient ainsi avoir récolté au moins 3 milliards de dollars.
Dans le détail, en décembre 2008, la banque a émis 36 millions d’options, avec un prix d’exercice fixé à l’avance de 78,78 dollars. Vendredi dernier, le titre clôturait à 237,64 dollars. Ce qui, en prenant en compte le coût d’exercice de l’option, revient à un gain potentiel de 159 dollars. Le Wall Street Journal précise que les règles prévoient qu’une partie des opérations soient rendues publiques, ce qui laisse tout de même une certaine zone de flou sur ce qui a pu ou non être décidé par les dirigeants et les administrateurs. Néanmoins, les documents réglementaires montreraient que plus de 31 millions des options de 2008 ont été exercées, en majorité en 2014 et 2015. Période pendant laquelle le titre de Goldman Sachs tournait autour de 170/200 dollars. Ainsi, d’après le média américain, le bénéfice avant impôt pourrait tourner autour de 3 milliards de dollars. Le WSJ précise que le CEO de la banque, Lloyd Blankfein n’a pas bénéficié du mécanisme. Ce dernier ayant renoncé à toucher un bonus l’année de la crise.
Chez Goldman Sachs, les dirigeants ont été bien lotis. Les six séries d’options accordées par la banque depuis 2003, ont eu des prix d’exercices fixés inférieurs à la valeur gagnée ensuite par le cours de bourse. La seule série à être encore d’actualité est celle de 2008, toujours selon le WSJ. D’autres dirigeants n’ont pas eu la même chance. Ainsi, les options émises pour les têtes de Bank of America depuis 2003 ont expiré, sans rien valoir.
La comparaison avec les autres banques montre bien que les options sont un pari dans le temps et que seule la performance peut être payante avec ce mécanisme. Néanmoins, « Goldman est moins rentable qu'il y a dix ans, mais le cours de son action l'an dernier a dépassé le sommet atteint en 2006 », fait remarquer le WSJ, qui ajoute que de nombreux dirigeant du groupe sont déjà partis. Ces mécanismes sont d’ailleurs de moins en moins utilisés à Wall Street. Aucun établissement n’en émet de nouveaux et le nombre d’options en circulation dans les cinq plus grosses firmes a chuté de 95% depuis 2009.
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