WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Banques / Goldman Sachs / David Solomon

Banques
Goldman Sachs / David Solomon

Goldman Sachs, ou l’importance de savoir partir

C’est désormais officiel : Lloyd Blankfein va céder sa place de CEO de Goldman Sachs après douze ans de mandat, au profit du banquier d’affaires David Solomon. Le timing de ce départ, qui a suivi une mise en concurrence pendant 15 mois, est crucial pour marquer l’évolution de l’ancienne star du trading, qui veut changer sa réputation.
Lloyd Blankfein - Goldman Sachs
Lloyd Blankfein - Goldman Sachs

« Quand les temps sont durs, vous ne pouvez pas partir ? Et quand tout va bien, vous n’avez pas envie de partir. » Cette phrase envoyée par Lloyd Blankfein dans le mémo interne qui a annoncé sa succession chez Goldman Sachs en dit long sur l’émotion du CEO de la banque depuis douze ans, qui avait un temps juré qu’il mourrait à son bureau. Ce départ était anticipé et préparé de longue date par l’intéressé : ce dernier a annoncé être atteint d’un cancer fin 2015, mais est resté très présent pendant son traitement l’année suivante. Néanmoins, lorsque son numéro deux Gary Cohn a tiré sa révérence pour entrer comme conseiller économique du Président américain - poste qu’il a depuis quitté -, Lloyd Blankfein s’est semble-t-il résolu à organiser sa suite. En décembre 2016, la banque a nommé deux dauphins, Harvey Schwartz et David Solomon, comme co-président et co-COO de la firme.

Les deux hommes sont alors entrés dans une concurrence discrète mais féroce pour prendre la tête d’une des plus prestigieuses institutions de Wall Street. Au départ, Harvey Schwartz, qui a été directeur financier de Goldman Sachs pendant trois ans auparavant et a fait ses armes au sein de la prestigieuse branche de trading, tenait la corde pour remplacer Lloyd Blankfein, qui a élevé la banque comme reine des marchés à Wall Street. Mais de son côté, David Solomon a réussi à mettre en avant son entregent de banquier d’affaires et sa capacité à nouer des relations avec des clients corporates, de nouveaux relais de croissance après la crise et des activités de marché devenues moins profitables. Et deviendra CEO en octobre, puis chairman et CEO début 2019, lors du départ de Lloyd Blankfein.

Surtout, David Solomon apparaît comme un profil plus complet et équilibré, qui connaît les diverses branches de la banque. Il est ainsi en première ligne sur la diversité et encourage les hobbies auprès de ses troupes - il aime skier, est collectionneur de vin mais aussi DJ amateur sous le pseudo DJ-Sol. En raison de son expérience de CFO, Harvey Schwartz était considéré comme plus réticent au risque, ce qui a pesé sur la rentabilité de Goldman Sachs sur les marchés, et notamment sur le fixed income, dans un contexte de forte réglementation qui plus est. Mais le nouveau patron souhaite aussi changer la culture secrète et individualiste de Goldman Sachs, la rendre plus agile et entrepreneuriale, à l’image de ce que recherche la jeune génération de Millenials.

Au final, Lloyd Blankfein envoie donc un signal fort au marché sur la transformation en cours de la banque, le jour de la publication de résultats trimestriels de bonne facture. Le résultat net a bondi de 40% au deuxième trimestre à 2,57 milliards de dollars, porté par le rebond de l’activité sales et trading (+17%) mais aussi de la banque d’investissement (+18%). « Je sais que pendant mon mandat chez Goldman Sachs, la firme va évoluer, il y aura des changements mais il n’y aura pas de révolution, ce sera une évolution », a promis David Solomon. L’évolution du titre, qui a chuté de près de 17% depuis début mars, sera aussi l’un de ses premiers défis afin de convaincre les investisseurs de sa capacité à créer le Goldman Sachs 2.0.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article