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Brexit : Downing Street publie sa première note technique sur un "no deal"
Avant même que le gouvernement britannique ne dévoile la première d'une série de briefing techniques sur l'impact d'un "no deal", les plus extrêmes des députés conservateurs avaient averti que les conclusions des documents ne devraient pas être trop alarmistes. Ces derniers craignaient en effet qu'un tel document n'incite la majorité de Westmsinter à plaider pour un accord le plus conciliant possible avec Bruxelles. Malgré ces avertissements, Downing Street n'a pas cherché à embellir le tableau et détaillé point par point, dans 24 courts documents (80 doivent être publiés en tout) comment la sortie du pays sans accord affecterait la vie de tous les jours des citoyens et des entreprises britanniques.
Le nouveau secrétaire d'Etat au Brexit, Dominic Raab, qui a remplacé David Davis au début de l'été, a notamment souligné lors d'une conférence de presse, que l'accès au crédit des consommateurs anglais serait plus lent et plus coûteux. Dans le cadre d'un "no deal", "les banques britanniques perdront leur accès au système de paiement européen, et les transactions seront donc plus longues et plus chères pour les clients", a expliqué le secrétaire d'Etat. De même les clients européens de banques anglaises pourraient perdre l'accès aux services de dépôts et prêts des institutions financières en question.
Autre aspect sur lequel le gouvernement insiste dans les documents, les contraintes réglementaires supplémentaires auxquelles les entreprises seront confrontées. En cas de "no deal" en effet, la libre circulation des marchandises prendra fin, et les entreprises devront donc renégocier les termes de leurs contrats commerciaux afin de prendre en compte les nouvelles tarifications douanières.
Sur le sujet de la frontière irlandaise, toujours en suspens à huit mois de la date de sortie, le gouvernement conseille aux entreprises de consulter directement les autorités de Dublin, afin de savoir comment se préparer en cas de rétablissement de la frontière. "Si vous êtes concernés pas les échanges commerciaux entre l'Irlande du Nord et l'Irlande, nous vous conseillons de prendre contact avec Dublin", recommande le document avec prudence, tant le sujet est brûlant et risque de faire capoter l'ensemble des négociations.
Dominic Raab a par ailleurs averti que 7.000 personnes travaillaient actuellement à temps plein sur le Brexit, et que le gouvernement avait le budget pour embaucher 9.000 fonctionnaires supplémentaires, pour accélérer les préparatifs, ainsi que 1.000 membres des douanes en plus.
Le secrétaire d'Etat a cependant insisté sur le fait que le gouvernement ferait tout pour trouver un accord et que sa priorité serait d'assurer la continuité législative pour les entreprises et les citoyens. Selon lui, 80% de l'accord serait déjà conclu. S'il n'a pas donné de date précise concernant les 20% restants à négocier, le commissaire en charge du Brexit Michel Barnier a quant à lui affirmé mardi, après avoir rencontré Dominic Raab justement, qu'un accord devrait être trouvé d'ici le sommet européen de novembre. Se donnant ainsi un mois supplémentaire par rapport à la date initiale annoncée.
Afin de ne pas paraître faiblir aux yeux des "Hard Brexiters", le secrétaire d'Etat, qui avait été l'un des défenseurs les plus fervents de la sortie du pays lors de la campagne de 2016, a tout de même affirmé qu'"une sortie sans accord serait toujours mieux que de rester membre de l'UE". Et rappelé qu'un "no deal" aurait au moins l'avantage de redonner au pays les pleins pouvoirs en matière de régulation, notamment en termes d'immigration.
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