Feuilleton de l'été / Start-up
Feuilleton de l'été
Start-up
Aviva Markowicz, CEO NUMA New York : la diversité pour mieux accélérer
Aviva Markowicz fait partie de ces -rares- personnes qui ont su allier leur goût du voyage et des autres cultures à leur vie professionnelle. La managing director de NUMA à New York n’avait pourtant pas anticipé qu’elle ferait très tôt le choix des start-up dans sa carrière : "en école de commerce, on nous répétait à l’envi qu’il fallait valoriser son diplôme, ce qui signifie entrer dans une grande entreprise", se souvient-elle. Pourtant à sa sortie d’études, entre un sage VIE de marketing à Genève et un projet de start-up encore flou, elle décide de suivre un jeune entrepreneur. Mais l’expérience tourne court après une petite année : "toutes les erreurs classiques d’une start-up ont été faites au niveau business et humain, cela m’a au final beaucoup appris", sourit-elle. Elle décide alors de se ranger et entre dans un grand cabinet de conseil à la Défense. Elle n’y restera que quatre mois, tant elle se sent décalée dans l’univers des tailleurs et modèles Excel.
C’est après un voyage solo en Amérique centrale qu’elle comprend ce qui compte à ses yeux : un environnement international et multiculturel, placer les rencontres et les voyages au cœur de son métier. Elle candidate alors pour Silicon Sentier, une association qui tient le premier espace de coworking à Paris et a récemment créé un accélérateur, le Camping. Il lance un programme de 6 mois pour les start-up techs et le succès est rapidement au rendez-vous, si bien que des acteurs étrangers les contactent pour offrir le même service en marque blanche. Le groupe dirigé par Marie-Vorgan Le Barzic décide de changer de nom en NUMA, de se transformer en ‘for profit’ et de lever 4,5 millions d’euros pour lancer l’expansion internationale. L’objectif est très ambitieux, et Aviva participe à l’ouverture de six bureaux en 18 mois seulement : Moscou, Bangalore, Casablanca, Berlin, Mexico et Barcelone. "Nous avons dû nous adapter aux différences culturelles des start-up sur place. En Russie, les ingénieurs sont brillants mais ont besoin de soutien sur le développement commercial. Au Maroc, nous avons axé sur l’éducation des entrepreneurs aux problématiques business", raconte Aviva.
Début 2017, un nouveau challenge de taille l’attend : ouvrir le bureau new yorkais de NUMA, un marché beaucoup plus concurrentiel. L’accélérateur choisit de se différencier en facturant seulement les frais du programme de 10 semaines et non une part au capital, et cible les start-up non-américaines au sens large. Aviva a aussi dû s’adapter à la particularité du marché US en termes de recrutement ("les américains savent très bien se vendre, il est difficile de savoir si c’est du chiqué") et de cash flows ("il faut avoir les reins solides pour se lancer aux US, nous faisons très attention à cela dans notre sélection de start-up").
Après 18 mois à ce poste et au seuil d’une nouvelle aventure, la jeune femme est consciente d’avoir eu de belles opportunités, et essaie à son échelle de promouvoir la place des femmes dans l’écosystème tech. Après une formation de leadership féminin à Yale, elle est consciente des biais dans le métier, mais souhaite pouvoir les dépasser : "les femmes demandent en moyenne 15 à 30% de moins de financement. Nous ne devons pas chercher à nous comporter comme des hommes mais à tirer parti de nos différences." Des enseignements qu’elle souhaite maintenant transmettre dans des universités au Chili et en Argentine, lors de son prochain voyage à l’automne.
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