« Pourquoi les start-up appartenant à des femmes sont un meilleur pari »
Le sexe des fondateurs a-t-il une incidence pour les investisseurs ? Il faut le croire. Selon une étude portant sur 350 entreprises, les start-up fondées ou co-fondées par des femmes lèvent en moyenne 935.000 dollars, soit bien moins que les 2,1 millions de dollars investis dans les sociétés ayant une paternité. Or, ce ne sont pas celles qui dégagent le plus de bénéfices. Toujours selon le document publié par le Boston Consulting Group (BCG), les premières ont en moyenne généré 10% de profits cumulés supplémentaires sur cinq ans par rapport aux secondes.
Aux sources de cette étude : un partenariat récent entre le BCG et MassChallenge, un accélérateur américain pour les start-up qui opère mondialement. Fondé en 2010, ce dernier a assisté plus de 1.500 entreprises, qui ont levé plus de 3 milliards d’euros, mais sans y prendre des participations ni se lancer dans un quelconque soutien financier. A partir des données de MassChallenge, le BCG s’est demandé « en quoi les entreprises fondées par des femmes diffèrent-elles de celles fondées par des hommes ».
« Les entreprises appartenant à des femmes ne reçoivent qu’une petite part du financement total du capital-risque. Mais ce qui est surprenant, c’est à quel point ces entreprises sont plus efficaces pour transformer un dollar de financement en un dollar de revenu – elles génèrent de meilleurs rendements et sont en fin de compte un meilleur pari », explique Katie Abouzahr du BCG. Pour ce qui est de la rentabilité de l’investissement, les jeunes entreprises ayant été créées ou cocréées par des femmes ont généré 78 cents par dollar investis, contre 31 cents pour celles nées d’hommes.
Les auteurs indiquent s’être assurés que les résultats étaient bien représentatifs d’une différence de genre et non pas dus à d’autres types de facteurs. Pour ce faire, ils ont également regardé des critères comme le niveau d’études et la qualité des pitch. Ils peuvent ainsi affirmer que « les résultats (ont montré) que les disparités dans le financement externe accordé aux start-up étaient statistiquement significatives et qu’elles étaient dues au genre ».
Afin de faire bouger les lignes, le BCG émet des recommandations envers trois parties prenantes. Tout d’abord, à ceux qui rédigent le « chèque » et qui ont donc le « pouvoir » de faire bouger les lignes. Les spécialistes du capital-venture et « les autres investisseurs » sont invités à inclure plus de femmes dans les décisions de leurs propres firmes. « Les investisseurs doivent comprendre que les forces de marché actuelles font des entreprises appartenant à des femmes des opportunités très prometteuses. Le manque de financements signifie qu’il y a moins de concurrence pour les entreprises gérées par des femmes, et ces entreprises, en moyenne, obtiennent de meilleurs résultats que celles où tous les fondateurs sont des hommes », précise le BCG.
Les accélérateurs doivent également faire plus. Les entrepreneuses ne sont pas en reste. Elles peuvent, par exemple, faire appel à des coach pour les aider à pitcher, en particulier avec des personnes qui ont une expérience dans le venture capital. « Durant leurs pitchs, elles devraient demander des investissements plus importants, demander plus souvent, et éviter de sous-vendre leurs entreprises. Il n’est pas nécessaire de se vanter, mais elles doivent se concentrer sur les aspects positifs », précise le BCG, qui espère que son étude apportera sa pierre à l'édifice.
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