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Maëlle Gavet, Compass : la plus américaine des business women françaises
Maëlle Gavet a beau être Française, elle accuse un léger accent anglo-saxon, dû à plus de vingt ans d’expatriation. Pourtant, la COO de Compass a commencé les études les plus prestigieuses qui soient en France, l'École Normale supérieure, en lettres, avant de réaliser qu’elle ne souhaitait ni faire de la recherche ni être professeure. Elle entre alors à Sciences Po Paris, une formation qu’elle suivra - de son propre aveu - en dilettante puisqu’elle est déjà entrepreneure… en Russie. Car après avoir monté sa première société d’organisation d’anniversaires pour enfants à 16 ans afin de compléter son argent de poche, elle réplique l’exercice en Russie, où elle a effectué plusieurs séjours étudiants. Ce pays dont elle parle parfaitement la langue.
Diplômée de Sciences Po, elle hésite à faire un MBA. "Mais un ami m’a conseillé de rentrer dans un cabinet de conseil en stratégie, qui est à la fois formateur et rémunéré". Une recommandation qu’elle suit, et elle rentre ainsi au Boston Consulting Group en 2003. S’ensuivent six années de missions aux quatre coins du monde (Inde, Afrique du Sud, Pologne etc.), une expérience très enrichissante qui lui permet d’apprendre à réfléchir et structurer sa pensée. A la fin de l'année 2009, elle est à 18 mois de passer associée, mais se rend compte qu’elle aspire à une position plus concrète dans le monde de l’entreprise. Elle entre alors chez son client russe, le site d’e-commerce Ozon, dont elle devient CEO... 18 mois plus tard, en 2011.
Elle travaille alors au développement hors du commun du groupe, qui devient rapidement "l’Amazon russe". "C’était une période très favorable pour la Russie, tous les capitaux étrangers affluaient vers le pays et les sociétés russes visaient leur IPO à l’étranger", se souvient-elle. Las, la situation géopolitique s’envenime lorsque la Russie envahit l’Ukraine, le rouble se ferme et les marchés se ferment au pays, compromettant le projet d’IPO d’Ozon.
Maëlle Gavet souhaite alors se rapprocher des États-Unis et entre chez le voyagiste en ligne américain Priceline (Booking, Kayak, OpenTable) comme executive vice-president des opérations. Elle est basée à Amsterdam mais passe plus de la moitié de son temps aux États-Unis, mais aussi partout dans le monde. Une expérience intense et tournée sur l’opérationnel, mais qui tourne court lorsque le CEO qu’elle a rejoint est brusquement remercié. Le board choisit alors une stratégie plus orientée vers la gestion d’une holding, plutôt que les synergies entre marques du groupe, ce qui incite la Française à réfléchir à la suite.
En 2015, elle est confrontée à un choix cornélien, avec des offres pour une Fortune 500, une prestigieuse licorne tech et… Compass. "Je n’étais pas vraiment emballée par Compass car je ne connaissais pas le secteur immobilier, mais un chasseur de tête m’a un peu forcé la main et, après les avoir rencontrés, je me suis rendue compte du potentiel de cette société", relate-t-elle. Début 2016, elle rejoint alors une "petite structure" de 300 personnes, qui veut révolutionner le marché de l’immobilier en ligne, comme bras droit du CEO, Robert Reffkin.
Deux ans et demi plus tard, le groupe compte 1.300 salariés et 13.000 agents immobiliers répartis sur plus de 300 bureaux aux États-Unis. "Robert et moi sommes les deux faces d’une même pièce, nous sommes dans le même bureau et nous répartissons les rôles", explique-t-elle. Si bien qu’elle a tour à tour supervisé quasiment tous les départements de l’entreprise. Et le succès est au rendez-vous, puisque Compass a levé 400 millions de dollars à une valorisation de 4,4 milliards de dollars en septembre 2018, et vise une IPO dans la prochaine année. Le moment idéal pour une prochaine conquête ? Maëlle Gavet, qui siège aussi au conseil d’Edenred, ne le cache pas, elle souhaite un jour diriger une entreprise américaine du Fortune 500. A bon entendeur…!
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