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IPO : une nouvelle licorne menace les fees des banques
C’était un secret de polichinelle, dans la mesure où son CEO l’avait annoncé depuis un an maintenant. Mais c’est désormais chose faite : Slack, la plateforme de communication collaborative entre professionnels, a révélé qu’elle avait enregistré son document de base via une procédure confidentielle, en vue d’une prochaine IPO. Et même un process peu commun puisque le groupe compte procéder par cotation directe, sans augmentation de capital ni appel au marché.
Slack est une success story fulgurante. Le service a été lancé par son CEO Stewart Butterfield, qui venait de subir l’échec de sa société de jeux vidéo, Tiny Speck. Si le jeu n’a jamais décollé, le service de communication interne lancé à cette occasion a eu de bons retours, et quelques salariés sont restés pour le développer. Slack est sorti en 2014 et a connu un grand succès immédiatement auprès des start-up, puis des plus grandes entreprises. Le groupe, qui fonctionne sur un modèle "freemium", compte désormais 85 000 clients payants et pas moins de 10 millions de personnes utilisent le service chaque jour.
Le groupe basé à San Francisco a généré 350 millions de dollars de revenus l’an passé, et n’a pas vraiment besoin d’argent frais dans la mesure où il a levé 427 millions de dollars lors de son dernier tour de table en août 2018. Au total, il a déjà collecté plus d’1 milliard de dollars depuis sa création auprès d’investisseurs prestigieux comme le Vision Fund de Softbank ou encore T. Rowe Price. C’est pour cette raison que Slack a favorisé l’option de la cotation directe, dans les pas de Spotify l’an passé. Pour rappel, le service suédois de streaming musical est entré sur le New York Stock Exchange par ce biais en avril 2018, et obtenu une valorisation de près de 30 milliards de dollars. Depuis, le titre est en hausse modeste de 5,6 % mais cela reste mieux que la performance du S&P 500 sur la même période.
Selon les rumeurs, plusieurs investisseurs auraient proposé de réinvestir dans la société sur une valorisation de 13 milliards de dollars. Tout l’enjeu pour Slack sera donc de trouver le bon prix d’entrée tout en optimisant sa valorisation, sans avoir pu prendre le pouls des investisseurs comme cela se fait dans une procédure d’IPO classique. Ce nouvel exemple est surtout un camouflet de plus pour les banques conseils des IPO, qui perçoivent l’essentiel de leurs commissions en prélevant une part des fonds levés lors de cette opération. Dans le cas présent, Slack a choisi Goldman Sachs, un des leaders de Wall Street, pour mener l’IPO mais la banque américaine ne touchera que des fees dérisoires, surtout au regard des autres grandes opérations en vue cette année. Uber et Lyft sont dans les starting-blocks pour frapper à la porte des marchés au premier semestre, et constitueront de très grosses sources de revenus pour leurs banques leads, Morgan Stanley et JP Morgan. Mais les banques de Wall Street misent aussi sur l’instauration d’une relation de long terme, qui débouchera sur des services ultérieurs dans la durée.
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