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Private Equity / licorne

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Les licornes ont plus d’appétit que jamais

Selon Crunchbase, les investissements de capital-risque dans des start-up valorisées au moins 1 milliard de dollars ont atteint un nouveau record en 2018. Parmi elles, le Français Deezer qui vient de lever 160 millions d’euros, ou encore le Chinois Ant Financial et ses… 14 milliards de dollars !
Licorne
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Les licornes ont beau être des animaux imaginaires, elles semblent se multiplier et surtout, être de plus en plus voraces. C’est ce que nous apprend le bilan établi par la base de données Crunchbase au milieu de l’été : sur les sept premiers mois de l’année, les investisseurs ont abondé 73 milliards de dollars dans les start-up privées valorisées plus d’1 milliard de dollars, contre 98 milliards de dollars sur l’ensemble de l’année 2017. Pas moins de 65 nouvelles jeunes pousses ont fait leur entrée dans ce cercle très fermé cette année, par rapport à 82 l’année passée. Sans surprise, les Etats-Unis et la Chine représentent l’essentiel de ces nouveaux entrants – 26 chacun – mais Cocorico ! La France n’est pas en reste.

Et cela grâce au service de streaming musical Deezer, qui a annoncé une levée de fonds de 160 millions d’euros en fin de semaine dernière. Les Saoudiens ne sont encore une fois pas loin, puisque le fonds souverain du pays, Kingdom Holding Company, a mis au pot et le fournisseur de services audio et vidéo du pays, Rotana, a signé un accord d’exclusivité avec le Français pour que ce dernier distribue son contenu dans le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Les autres investisseurs de ce tour de table sont le fonds Access Industries du milliardaire russo-américian Len Blavatnik, LBO France mais aussi Orange, actionnaire du groupe depuis 2010. L’opérateur télécoms avait pris 11% du capital et ils avaient conclu un partenariat exclusif de 6 ans, qui a été prolongé jusqu’en 2018.

Cette levée de fonds est un nouveau record en France après celles bouclées par Blablacar et Sigfox, qui avaient passé la barre des 100 millions d’euros. Mais il s’agit d’une goutte d’eau par rapport à la plateforme chinoise de paiement en ligne, Ant Financial, qui a signé le plus important tour de table de l’histoire en juin dernier, en levant pas moins de 14 milliards de dollars ! Parmi les investisseurs de cet ex-filiale d’Alibaba, les fonds souverains GIC et Temasek de Singapour, le fonds de pension canadien Canada Pension Plan Investment Board, ou encore les fonds de private equity Warburg Pincus et Silver Lake. La « start-up » n’a pas divulgué sa valorisation, mais elle tournerait autour de 150 milliards de dollars.

Ces montants montrent que le marché du venture a tellement évolué et la liquidité est telle que les licornes n’ont pas besoin de faire appel au marché pour financer leur croissance, et cela aux meilleures conditions. Faut-il crier à la bulle ? Les multiples atteints par certains acteurs tech qui perdent encore beaucoup d’argent peuvent le laisser penser, mais tout dépendra de leur capacité à maintenir cette valorisation lorsque viendra l’heure de la monétisation. A cet égard, l’exemple de Snapchat n’est pas pour rassurer.

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