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IPO : la course des licornes vers la Bourse
Après la paralysie de début d’année liée au shutdown de l’administration fédérale, les candidats reviennent enfin frapper à la porte de la Bourse américaine. Et en particulier les jeunes licornes de la Silicon Valley, qui jouent de vitesse pour tirer parti de l’appétit d’un marché en manque d’IPO. Les deux concurrents les plus en vue sont bien sûr Uber et Lyft, les deux applications de VTC qui ont déposé confidentiellement leur document de base le même jour, début décembre. Elles ont toutes les deux mandaté les géants de Wall Street comme leads de l’opération, Morgan Stanley côté Uber et JP Morgan pour Lyft. Qui leur ont toutes promis monts et merveilles, comme des valorisations allant jusqu’à 120 et 25 milliards de dollars, alors qu’elles valaient respectivement 72 et 15 milliards de dollars lors de leurs derniers tours de table.
Et à ce jeu de vitesse, Lyft vient de gagner une étape puisque le groupe serait prêt à lancer son IPO dès le 18 mars selon des rumeurs sorties mercredi, soit une entrée en Bourse d’ici début avril. Il prend ainsi de vitesse Uber, qui aurait besoin de plusieurs semaines supplémentaires car le groupe est également actif dans des métiers annexes comme la livraison de repas ou le fret. Une victoire importante dans la mesure où Lyft risquait de voir son IPO éclipsée par celle d’Uber, presque six fois plus gros que lui, s’il passait derrière.
Jeudi, une autre licorne attendue par les marchés est entrée dans l’arène : le site de partage de photos Pinterest, qui a choisi JP Morgan et Goldman Sachs pour l’accompagner, et prévoit une entrée sur les marchés d’ici fin juin, sous réserve de nouvelles perturbations. Le groupe, basé à Palo Alto et qui compte 210 millions d’utilisateurs actifs par mois, pourrait être valorisé à 12 milliards de dollars, soit le montant auquel s’est déroulé son dernier tour de table.
Ces opérations seraient un bol d’air frais pour les investisseurs, qui ont été échaudés par la correction des marchés en fin d’année, et bien sûr le shutdown qui a conduit à un gel des IPO en janvier. Ils auraient tort de se priver : selon Dealogic, les IPO tech et Internet de 2018 ont grimpé en moyenne de 33 %, contre 11 % pour les autres. Si elles se passent bien, ces opérations de grande ampleur seront aussi du pain béni pour les fees des banques conseils, alors que Spotify a créé un précédent en procédant à une cotation directe l’an passé. Le groupe suédois de streaming musical pourrait être suivi par Slack, l’application de messagerie professionnelle, qui a déposé son document de base dans ce sens et pourrait valoir plus de 10 milliards de dollars.
Seul hic : la volonté de contrôle des fondateurs de ces licornes. Comme Facebook ou Snap avant eux, ils seraient en train de prévoir la mise en place de deux catégories d’actions pour garder le contrôle de leur société, post-IPO. Des procédés qui font grincer des dents, mais n’ont jusqu’à présent pas été remis en question. Enfin, ces IPO vont aussi créer des centaines de millionnaires en Californie, un des États où les taxes sont les plus élevées aux États-Unis. Si bien que nombre d’entre eux auraient déjà déménagé discrètement de l’autre côté de la frontière, dans le Nevada…
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