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Lyft : le soufflé de l’IPO retombe déjà

Lundi, le titre du groupe de VTC est déjà repassé sous son prix d’entrée. Si les investisseurs et banques ont gagné le jackpot avec cette sortie en Bourse, ce sont les particuliers et petits acheteurs qui paient les pots cassés lorsque l’emballement de ces IPO tech redescend.
Lyft
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L’euphorie pour les moustaches de Lyft n’aura pas duré très longtemps en Bourse : lundi, le titre du groupe de VTC a clôturé sa deuxième journée de cotation en baisse de plus de 12 % et est ainsi repassé sous son prix d’entrée, qui avait été fixé jeudi soir dernier à 72 dollars. Cela importe peu aux banques teneuses de livres de l’opération, qui ont organisé une levée de fonds de 2,34 milliards de dollars, en particulier JP Morgan et Credit Suisse, qui vont se partager chacun environ 30 % des fees de cette opération, le reste allant à la vingtaine d’autres banques mandatées. Ni pour les fonds de venture qui ont misé sur cette pépite de la Silicon Valley, puisqu’au cours actuel la société vaut encore 50 % de plus que lors de son dernier tour de table, il y a moins d’un an.

Mais les premières victimes sont les particuliers et tous les petits porteurs qui n’ont pu accéder au papier Lyft avant vendredi, premier jour de cotation. Car même si le titre a bondi de plus de 8 % vendredi, cela est comparé au prix de fixation de l’action, auquel les investisseurs particuliers et autres petits porteurs n’ont pas eu accès. Si bien que les premiers acheteurs à avoir pu acheter des titres vendredi ont dès le premier jour affiché 11 % de pertes, et même 23 % après la séance de lundi.

Cela rappelle donc bien que ces investisseurs sont ceux qui prennent les plus gros risques sur les IPO tech de la Silicon Valley. Car si les IPO américaines de la dernière décennie ont en moyenne grimpé de 14 % selon Dealogic, la quasi-intégralité des gains s’est faite dans les premiers jours d’échanges. L’exemple est encore plus marqué chez le site e-commerce de produits fait main Etsy, qui a bondi de 94 % pour son premier jour d’IPO en avril 2015, mais les premiers acheteurs ont en réalité encaissé une perte de 3 % à la clôture de ce premier jour. L’histoire s’est également répétée tout récemment pour un groupe non tech, les jeans Levi Strauss, dont le titre a bondi de 22 % à l’ouverture, mais est ensuite resté presque stable pour son premier jour en Bourse.

Les particuliers peuvent aussi miser sur la croissance de ces licornes sur le long terme, à l’image de Facebook dont le titre a été multiplié par près de 4,5 fois depuis son premier jour de cotation. Certes, comme nous l’avons rappelé ces derniers jours, Lyft n’en est pas au même stade de rentabilité et ne prévoit pas d’atteindre le point mort pour le moment. A cela s’ajoute la double classe d’actions qui laisse le pouvoir aux fondateurs, et des risques légaux importants dans le monde, comme Uber en a déjà fait les frais. Son concurrent, qui devrait entrer en Bourse d’ici à cet été pour une valorisation allant jusqu’à 120 milliards de dollars, devrait donc muscler ses roadshows et peaufiner son prix d’entrée, afin de ne pas être la prochaine victime du désenchantement face aux licornes tech cotées.

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