IPO / Lyft / IPO / Valorisation / Uber
IPO
Lyft / IPO / Valorisation / Uber
Lyft pourrait valoir jusqu’à 23 milliards de dollars
Les chiffres tant attendus dans le monde des licornes sont enfin tombés. Lyft a donné le coup d’envoi de son IPO lundi, il compte lever environ 2 milliards de dollars et a fixé une fourchette de 62 à 68 dollars par action. Ce qui signifie que le groupe de VTC, qui commence son roadshow cette semaine, serait valorisé entre 21 et 23 milliards de dollars. Cela est nettement supérieur au prix de 15 milliards de dollars qu’il avait obtenus lors de son dernier tour table, lorsqu’il avait collecté 600 millions de dollars en juin 2018. Même si le prix final de l’action pourrait varier, à la hausse comme à la baisse par rapport à cette fourchette, d’ici à la fin des roadshows jeudi prochain.
Mais en l’état actuel des choses, cette IPO orchestrée par JP Morgan, Credit Suisse et Jefferies serait la plus importante entrée en Bourse américaine depuis celle d’Alibaba en 2014, selon les données de Dealogic. Surtout, la réception réservée à cette opération sera scrutée de près par les acteurs du marché, et sera déterminante pour les prochains candidats, après plus d’un mois de paralysie des IPO en début d’année, en raison du shutdown de l’administration fédérale. Son concurrent Uber, en premier lieu, a été pris de court mais espère finaliser son IPO d’ici cet été. Il faut dire que les montants en jeu sont beaucoup plus élevés. La semaine dernière, le groupe de Dara Khosrowshahi a mandaté plus d’une douzaine de banques supplémentaires, dont Bank of America, Citigroup, Barclays, Allen & Company, Deutsche Bank et JMP Securities, qui sont chargées d’assister Goldman Sachs et Morgan Stanley, les banques leads sur cette opération historique, dont la valorisation pourrait atteindre 120 milliards de dollars.
Si le précédent Lyft est attendu de longue date par les investisseurs, l’opération comporte aussi des défauts. Le groupe affiche une belle croissance et a plus que doublé ses revenus à 2,16 milliards de dollars l’an passé, ses pertes se sont creusées de 32 % à 911 millions de dollars. En outre les fondateurs, John Zimmer et Logan Green, ont réitéré le système des doubles classes d’actions, à l’instar de ce qui a été fait dans le passé par d’autres patrons de tech comme Mark Zuckerberg de Facebook ou Evan Spiegel de Snapchat, entre autres. Les dirigeants contrôleraient à eux deux près de 50 % des droits de vote, même s’ils ne détiennent que 7 % du capital.
Enfin, le secteur dans lequel le groupe opère comporte lui-même des risques. Lyft revendique ainsi 39 % de parts de marché mais la grande majorité des chauffeurs (70 %) travaille aussi bien pour lui que pour Uber, et les barrières à l’entrée sont faibles. Sans compter que le groupe cherche lui-même des alternatives à la voiture, comme les vélos partagés avec Motivate. Ces critères n’ont ces dernières années pas refroidi les ardeurs des investisseurs, et les IPO de 2018 ont fait nettement mieux que le reste du marché. Leur réponse définitive sera donnée le 29 mars, date de l’entrée effective de Lyft sur le Nasdaq.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

