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Quand Warren Buffett se fait souffler un actif
Warren Buffett n’a jamais aimé les enchères de prix et il vient de le démontrer une nouvelle fois, suscitant une nouvelle inquiétude sur les valorisations des actifs américains. Il y a dix jours, sa firme Berkshire Hathaway a été approchée par Bank of America au sujet de la vente de Tech Data, un distributeur d’équipements informatiques coté à New York, dans le cadre d’une procédure d’enchères dite "go-shop". Habituellement peu friande de ces process intermédiés, la firme a pourtant formulé une offre à 140 dollars par action, soit un prix de 4,7 milliards de dollars hors dette. Mais le fonds Apollo Global Management a rapidement surenchéri à 145 dollars par action, prix sur lequel l’oracle d’Omaha a finalement renoncé à s’aligner.
Ce genre d’épisode a beau être assez courant dans la vie des affaires, il est assez étonnant de la part de Warren Buffett. Ce dernier évite en règle générale soigneusement les process de vente menés par des banques d’affaires, mais il s’est ici plié à l’exercice. Pour une raison simple : Berkshire Hathaway est assis sur une réserve de cash de plus de 128 milliards de dollars, et subit de plus en plus de pression pour mettre son argent au travail.
Mais son renoncement confirme deux choses à propos du milliardaire de 89 ans. D’une part, son refus de s’engager dans des batailles boursières pour acquérir un actif. Warren Buffett est normalement un investisseur courtisé par les entreprises, et ne souhaite pas remporter ses deals sur la seule base du prix. Sans compter qu’il n’est pas un féru de technologie et a souvent considéré ce secteur comme trop cher. D’autre part, l’investisseur confirme ce qu’il répète depuis plusieurs mois : les actifs américains sont survalorisés à l’heure actuelle. "Les prix sont exorbitants pour des entreprises ayant des perspectives de long terme décentes", écrivait-il déjà dans sa dernière lettre annuelle aux investisseurs.
Et les chiffres semblent lui donner raison. Le S&P 500 s’échange à l’heure actuelle à un multiple de 2,4 fois les revenus attendus pour les 12 prochains mois, selon FactSet. Les seules fois où le marché US a atteint ce niveau ont été en septembre 2018, juste avant une correction boursière majeure, et début 2000, juste avant l’explosion de la bulle Internet. Et en particulier la tech, qui affiche des multiples au plus haut des dix dernières années.
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