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De la difficulté de valoriser Uber
La troisième plus grosse IPO tech de l’histoire (derrière Alibaba et Facebook) se précise. Vendredi matin, Uber a publié son prospectus d’IPO amendé, et fixé sa fourchette d’introduction entre 44 et 50 dollars par action, ce qui signifie que le groupe de VTC serait valorisé entre 80,5 et 91,5 milliards de dollars. Il prévoit aussi de vendre 180 millions d’actions lors de cette entrée en Bourse, et lever ainsi jusqu’à 9 milliards de dollars. Bien sûr, cette fourchette peut être révisée à la hausse ou à la baisse en fonction du niveau de la demande lors des roadshows des prochains jours, mais les banques leads, Morgan Stanley, Goldman Sachs et Bank of America, n’ont finalement pas décidé d’une mise à prix à 12 chiffres, comme cela était attendu au départ. Pour rappel, les banques conseils avaient pitché la société en faisant valoir qu’ils la valorisaient 120 milliards de dollars, contre 76 milliards lors de son dernier tour de table à l’été dernier.
Plusieurs facteurs ont joué à la baisse sur cette valorisation. En premier lieu, le précédent Lyft bien sûr, qui a relevé son prix d’entrée et est entré en Bourse fin mars sur une valorisation de près de 24 milliards de dollars (contre 15 milliards pour sa dernière levée de fonds), mais dont le titre a depuis chuté de 20 % sous son prix d’entrée en moins d’un mois. Les investisseurs ont semble-t-il été échaudés par les pertes de Lyft, à plus de 900 millions de dollars l’an passé, et surtout son incapacité à fixer un objectif de point mort.
A cet égard, Uber qui a publié les résultats de son premier trimestre par la même occasion vendredi, ne fait pas vraiment mieux : le groupe dirigé par Dan Khosrowshahi a publié une perte nette de 1,1 milliard de dollars au premier trimestre, et des revenus à 3,1 milliards de dollars, en hausse de 20 % sur un an mais en baisse de 5 % sur les trois derniers mois de 2018. Ce qui montre que la croissance du groupe et de ses trajets est inexorablement condamnée à ralentir.
Enfin, un dernier facteur pourrait jouer : la volonté des actionnaires d’Uber de profiter de cette IPO pour vendre. Dans son prospectus, le groupe a confirmé que les investisseurs profiteraient de l’exercice de l’option de surallocation pour vendre une partie de leurs titres. Le fondateur et ex-CEO Travis Kalanick projette ainsi de céder 3,7 millions d’actions, tandis que le fonds de venture Benchmark Capital compte en vendre 5,7 millions. En revanche, Uber a offert un gage sérieux en indiquant que le géant du paiement PayPal prévoyait de placer un ordre de 500 millions de dollars lors de cette IPO, en plus de l’augmentation de capital, et d’approfondir leur partenariat.
Quoi qu’il en soit, cette opération majeure sera scrutée par toutes les licornes américaines qui souhaitent se lancer en Bourse à sa suite. Dara Khosrowshahi et son équipe devront se montrer très convaincants et rassurants sur leur business models lors des roadshows des deux prochaines semaines, sous peine de compromettre le pipeline des IPO tech américaines.
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