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Le futur CEO de Goldman Sachs a-t-il fait taire un lanceur d’alerte ?

Alors que le patron du M&A sur la côte Ouest avait alerté sur des pratiques, des responsables seniors de la firme, dont David Solomon, l’auraient dissuadé de continuer, selon le New York Times. Un dossier délicat pour celui qui prendra la suite de Lloyd Blankfein à la tête de Goldman Sachs le mois prochain.
Goldman Sachs - logo
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David Solomon, qui a aussi officié comme DJ-Sol lorsqu’il a mixé sur une plage privée à Montauk le mois dernier, pourrait connaître une rentrée difficile. Hier, le New York Times a en effet sorti une information exclusive pour le moins ennuyeuse, voire potentiellement explosive pour le prochain patron de Goldman Sachs. Le quotidien américain relate des faits datant de 2014 : James Katman, un associé de la banque américaine et patron du M&A pour la côte Ouest, a contacté la ligne directe mise en place en interne pour les lanceurs d’alerte. Ce dernier a pointé différentes pratiques non éthiques au sein de la banque, comme par exemple des instructions afin de recruter l’enfant d’un client, ou encore des tentatives visant à obtenir et partager des informations confidentielles sur des clients.

Des révélations qui auraient dû faire réagir le cabinet d’avocats en charge de cette procédure de lanceur d’alerte, Fried Frank Harris Shriver et Jacobson, les inciter à enquêter sur ces allégations et en informer des membres indépendants du board. Mais rien de tout cela ne s’est produit : au lieu de cela, le directeur juridique de Goldman Sachs a pris le dossier en main et plusieurs responsables de la banque d’investissement, dont le co-patron de cette division David Solomon, auraient incité le lanceur d’alerte à retirer ses accusations. Ce dernier aurait refusé et démissionné l’année suivante, en signant un accord de confidentialité l’empêchant de divulguer ces informations à quiconque.

La banque a bien sûr réagi à ces révélations : "Ni David Solomon ni aucun autre membre de la division d’investissement ou toute autre personne hors du département juridique n’a eu un rôle pour conduire cette enquête", a déclaré Michael Duvally, porte-parole de la banque. "M. Katzman a évoqué son inquiétude d’une façon inappropriée et ni M. Solomon si personne d’autre de la firme ne l’a découragé lui ou tout autre à le faire". Il a ajouté que le prochain CEO de Goldman Sachs avait dissuadé le banquier de démissionner et qu’un accord de confidentialité est automatique pour toute personne qui détient des titres et stock options de l'établissement.

Quoi qu’il en soit, ce dossier pourrait ternir la réputation de David Solomon, moins d’un mois avant son entrée en fonction. Alors que Goldman Sachs a été critiqué pour son opacité et un manque d’éthique dans le passé, notamment lors de la crise financière, ce dernier a été dépeint comme une nouvelle génération de banquier, ouvert et prônant l’équilibre avec la vie privée. Or, la façon dont les banquiers auraient cherché à obtenir des informations pour le compte d’autres clients rappelle les dangereux conflits d’intérêt de l’avant-crise et l’impression que les choses n’ont pas tant changé.

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