WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Vincent Levita (InfraVia Capital) : du travail et des idées

Le fondateur et président de la société d’investissement spécialiste en infrastructures totalise aujourd’hui 4 milliards d’euros sous gestion. Ce Polytechnicien, qui a eu le nez creux il y a dix ans, a encore de belles ambitions.
Vincent Levita
Vincent Levita

Cet été, InfraVia Capital a bouclé un fonds de deux milliards d’euros. Ainsi la société de gestion de Vincent Levita, spécialisée dans les infrastructures, a-t-elle doublé ses encours. Une belle enveloppe amassée alors que la firme fête cette année ses dix ans d’existence. Infravia, c’est une équipe d’aujourd’hui 30 personnes montée par Vincent Levita. Plusieurs facteurs ont permis au CEO d’arriver à hisser sa maison parmi les plus grandes de son secteur en France, mais aussi en Europe. L’une de ses recettes : 95 % de travail (voire de labeur comme il le qualifie) et de minutie, conjugués à des idées. Cet amateur de rugby (mais aussi de Pilates) prend en exemple des étoiles du tennis pour illustrer son propos : celle du sérieux de Roger Federer et du génie de John McEnroe.

Sa grande idée ? Avoir senti que les infrastructures pouvaient devenir un marché important. Alors directeur de la stratégie et de l’innovation d’AXA IM, le dossier "infrastructures" arrive sur son bureau. Vincent Levita décide alors de développer une expertise au sein de l’assureur. A l’époque les lois sur les PPP (partenariats publics-privés) et la privatisation des autoroutes, où ce secteur jusque-là entre les mains du public s’ouvre au privé. "Les assureurs ont besoin d’investir dans du long terme et les infrastructures avaient besoin de moyens pour se maintenir et se développer", se souvient Vincent Levita, qui avait débuté sa carrière dans le conseil chez Corporate Value Associates.

Et les besoins n’ont pas décru. C’est en 2008 que l’homme décide de fonder sa propre société d’investissement. En pleine crise, il arrive à obtenir la confiance d’investisseurs, toujours présents d’ailleurs, et à lever 200 millions d’euros. "On m’a toujours dit : si celui qui est le plus intelligent dans une salle de réunion n’a pas la confiance des autres, alors il n’arrivera à rien", rapporte ce Polytechnicien, également passé par les bancs de l’Ensae. Depuis dix ans, InfraVia tient ses promesses et délivre des rendements à deux chiffres. En tout, une trentaine de transactions et déjà 12 sorties à travers l’Europe ont été enregistrées.

Les fonds ont notamment investi dans l’aéroport de Venise, la Seine Musicale ou encore la rénovation du stade Vélodrome. Vincent Levita, qui insiste sur le travail et la nécessité de bien ficeler ses dossiers, se plaît à conjuguer plusieurs mondes : "Il faut arriver à résoudre l’équation : utilité publique, industrie qui fonctionne et équilibre financier", explique ce fils de professeurs, originaire de Montpellier. Vincent Levita ne ferme pas la porte à certains pans du secteur des infrastructures. Néanmoins, il a des spécialités de prédilection. "On regarde les macro trends." Il mise ainsi sur les data centers, les aéroports, les ports "qui ont encore besoin d’être modernisés et de croître alors que les infrastructures classiques pour les voitures comme les parkings et les autoroutes vont être moins sources de croissance". Vincent Levita réfléchit aussi aux smart cities ou encore à l’énergie distribuée (où les personnes produiraient leur électricité et pourraient la partager, ce qui pourrait rendre obsolète le réseau électrique) etc. "Il faut des idées innovantes. Si elles sont bonnes, elles se détruisent automatiquement car tout le monde vous emboîte le pas et il faut en trouver de nouvelles."

Pour l’avenir, Vincent Levita souhaite que son entreprise, très présente en Europe, s’internationalise. A noter qu’actuellement, la moitié des 80 investisseurs de la société sont étrangers. Le CEO pourrait en outre miser sur les secteurs connexes à celui des infrastructures, tels que la technologie, l’énergie et pourquoi pas l’immobilier ou l’agriculture au sens large. "On peut appliquer à d’autres domaines, des clefs qui fonctionnent pour les infrastructures." Vincent Levita précise que dans certains secteurs comme la technologie et les smart cities, on ne sait pas à quel point certaines avancées vont devenir une réalité quotidienne ou non. Mais bien maîtrisées, il y a et aura des opportunités. Et il le répète d’ailleurs à ses trois filles : les métiers qu’elles exerceront dans vingt ans n’existent peut-être pas encore. Les perspectives sont nombreuses.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article