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Start-up / Private Equity / Infravia / Vincent Levita / infrastructures

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Infravia / Vincent Levita / infrastructures

exclusif L'année 2022 vue par... Vincent Levita, fondateur et directeur général d'InfraVia

EXCLUSIF. WanSquare a demandé à des économistes et des dirigeants de grandes entreprises de livrer leur vision pour 2022 après une année 2021 marquée par la reprise, mais aussi par les tensions inflationnistes. Chaque jour, nous publions leurs réponses aux questions que vous vous posez. Une série à lire et à conserver précieusement.
Vincent Levita, fondateur et directeur général d'InfraVia
Vincent Levita, fondateur et directeur général d'InfraVia

Quels ont été les principaux enseignements de l'année 2021 ?

2021 a été une année paradoxale de reprise économique malgré la pandémie toujours présente, ce qui montre globalement une incroyable résilience des structures économiques et sociales, particulièrement dans les économies occidentales. D’un point de vue financier, cela s’est traduit par des marchés financiers très solides et le développement spectaculaire des marchés non cotés. Du point de vue de l’activité, les tensions sur les commodités, l’énergie et la chaîne d’approvisionnement ont montré certaines sources de fragilité qui n’étaient pas forcément attendues, entraînant la question lancinante de la reprise de l’inflation.

L'évolution de la situation en 2020 et 2021 a-t-elle été conforme à vos scenarios de début de crise ?

Surtout, la période a confirmé nos convictions profondes sur l’évolution de l’économie mondiale vers la nouvelle révolution technologique et industrielle. Les tendances lourdes à l’œuvre ces dernières années ont été accélérées, en particulier la révolution du digital et l’accélération de la transition énergétique. En outre, au-delà de la bonne tenue de l’économie et des marchés financiers, 2021 a permis de confirmer la bonne tenue de l’offre et de l’appareil productif ainsi que de la demande partout dans le monde.

La période a-t-elle transformé à long terme les rapports avec vos parties prenantes ?

Paradoxalement, la pandémie et le confinement nous ont permis de développer une plus grande proximité avec nos parties prenantes. C’est parfois dans les moments difficiles que des relations solides se créent ou se renforcent. Les sujets ESG, en particulier lié au climat mais aussi à l’inclusion sociale, sont devenus plus sensibles et ont pris une place plus importante dans l’agenda. Et c’est, à n’en pas douter, pour le long terme.

Comment jugez-vous l'action des pouvoirs publics et de l'UE au cours de cette période ?

Avec un peu de recul, et après des débuts hésitants, leur action a été bonne par la rapidité et la massivité de l’intervention, qu’il s’agisse de la campagne de vaccination ou du soutien sous toutes ses formes aux entreprises et aux salariés. Si la coopération européenne n’a pas été parfaite au début de la pandémie, elle a finalement été une force dans l’efficacité et la continuité de l’intervention. Il est surtout important que les pouvoirs publics aient appris en avançant, à mesure que se déployait la crise sanitaire et il est plus crucial encore que nous tirions collectivement les leçons pour améliorer la réactivité, le ciblage et l’adaptation de la gestion de crises. Nous sommes de toute évidence entrés dans un monde façonné par les crises. Dans un tel monde, le service public ne peut pas se replier sur lui-même ; l’État a bien plutôt la charge d’organiser une coopération public-privé pour améliorer l’efficacité, la redondance et la productivité du système, par exemple dans le secteur de la santé, comme c’est déjà le cas dans d’autres secteurs essentiels.

Quelles sont vos anticipations majeures pour 2022 ?

Nul besoin d’être conjoncturiste pour affirmer que 2022 devrait être dominé par l’agenda politique, à la fois en France et en Europe. La manière dont nous aborderons les questions de l’énergie et du climat sera déterminante car il s’agit de passer de la prise de conscience à l’action, de passer des mesures de discrimination ou d’incitation financière aux mesures industrielles de transition. La manière dont nous allons utiliser les outils digitaux sera également majeure car ils peuvent aussi bien servir d’instruments d’inclusion sociale que d’outils de concentration de richesse. Tous ces défis exigent des décisions rapides dans un environnement mondial très compétitif, voire de plus en plus conflictuel. Cela exige de la raison, de la vision à long terme et un certain niveau de consensus. En France comme en Europe mais aussi aux États Unis, face aux polarisations, aux mobilisations et aux radicalisations, cela signifie passer à travers le chas d’une aiguille.

Comment intégrez-vous les aléas de la pandémie dans vos anticipations et vos projets ?

Nous restons focalisés sur les secteurs essentiels à l’économie et sur les tendances lourdes de transformation. Cela détermine nos priorités d’investissement dans les secteurs des télécoms et du digital, de la transition énergétique, de la santé et de l’éducation, et de la mobilité urbaine. Nous restons très prudents sur les actifs très sensibles aux variations économiques.

En dehors de la pandémie, d'où pourraient venir les tensions les plus fortes (économiques, politiques, diplomatiques, etc.) ?

Les menaces sont tous azimuts : l’évolution de la compétition voire du conflit entre les États-Unis et la Chine jouera de toute évidence un rôle clé ; par ailleurs, les questions climatiques et les questions sociales restent vives et peuvent constituer un facteur de déstabilisation à court ou moyen terme dans bon nombre de pays. Le problème principal, c’est que toutes ces tensions sont désormais branchées les unes sur les autres et créent des boucles d’interactions chaotiques qui accroissent la vulnérabilité du système économique et politique mondial. Il faut réintroduire de l’équilibre dans le système.

Si vous deviez souffler au futur président (ou présidente) une ou deux mesures susceptibles de soutenir la croissance et l'emploi, quelles seraient-elles ?

Je plaiderais pour une action simultanée sur plusieurs horizons de temps. C’est ce que la politique a tant de mal à formuler, parce qu’elle est souvent prisonnière de ses rythmes propres. Sur le long terme les mesures doivent se concentrer sur l’éducation, la formation et l’innovation qui seules permettront de développer une société harmonieuse, inclusive et soutenable. L’objectif doit être une société dans laquelle la valeur ajoutée est créée au bon endroit et où la croissance et l’emploi sont au service des citoyens. A court terme, il faut libérer l’investissement. Cela nécessite de lutter méticuleusement contre tous les éléments qui le contraignent sans raison, qu’ils soient fiscaux, industriels, réglementaires ou financiers.

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