Entreprises / Actions / Infravia
Entreprises / Actions
Infravia
InfraVia renforce son portefeuille dans la transition énergétique avec Kyotherm / Le fonds engage 300 millions d’euros avec une forte visibilité sur les cash-flows
InfraVia est décidément très actif sur le front des acquisitions. Le fonds européen de private equity spécialisé dans les infrastructures fondé (en 2008) par Vincent Levita vient de réaliser sa troisième opération en moins d’un mois, toujours dans le cadre de sa stratégie axée sur le financement de la transition énergétique, en particulier dans les secteurs industriels.
Après l’acquisition du pionnier du photovotaïque Green Utility en Italie, puis sa prise de participation dans le producteur espagnol d’énergies renouvelables Prosolia, il vient cette fois de prendre une part majoritaire dans Kyotherm.
Cette société française est spécialisée dans le co-développement et le financement pour des clients industriels et tertiaires de projets de décarbonation par chaleur renouvelable, efficacité énergétique ou flexibilité. Fondé en 2011, Kyotherm est devenu en 13 ans un acteur de référence de la décarbonation du secteur de l’industrie et du bâtiment en Europe et aux Etats-Unis, notamment dans les domaines de la chaleur renouvelable et de l’efficacité énergétique.
Une soixantaine de projets engagés à ce jour
Et les clients affluent. La société conduit déjà une soixantaine de projets engagés sur plus de 180 sites dans 12 pays et une capacité installée de 260 mégawatts. "Notre ambition est d’accélérer encore cette dynamique pour développer davantage cette capacité installée", souligne à WanSquare Aymar de Tracy, associé d’InfraVia. InfraVia prévoit d’investir à terme plus de 300 millions d’euros en fonds propres pour permettre à Kyotherm de poursuivre et d’accélérer le financement de projets de décarbonation dans les secteurs industriel et tertiaire, en Europe et en Amérique du Nord.
Il est vrai que le secteur est en plein essor, le marché étant encore naissant, avec des parts de marché à prendre. L’Union européenne et les États-Unis poursuivent des politiques climatiques ambitieuses pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Malgré le relatif échec de la COP29, et bien que le second mandat de Donald Trump marque un probable ralentissement de la trajectoire climatique outre Atlantique, le nombre d’entreprises s’engageant dans des objectifs de "net zéro" continue d’augmenter. Une tendance encouragée indirectement par des cadres réglementaires renforcés, comme la directive CSRD de l’Union Européenne, qui impose à 50 000 entreprises un reporting sur leur durabilité dès 2024. Ce qui les incitent indirectement à se fixer des objectifs de réduction ambitieux pour répondre aux attentes des investisseurs, régulateurs et consommateurs.
Sur ce marché, Kyotherm dispose de plusieurs atouts. La société "se positionne comme un "one-stop-shop", une solution clé en main qui simplifie l’investissement dans les technologies de décarbonation pour les entreprises. Ce qui constituerait pour elles des dépenses d’investissement (CAPEX) se transforme ainsi en dépenses opérationnelles (OPEX), leur permettant de limiter leurs risques financiers et de se concentrer sur leur cœur d’activité", explique Aymar de Tracy.
En déléguant la gestion et le financement des installations à Kyotherm, les industriels réduisent significativement leurs contraintes financières et opérationnelles. "Cela élimine la nécessité pour eux de mobiliser des fonds pour des investissements lourds ou de gérer eux-mêmes des infrastructures complexes", ajoute l’associé.
Des partenaires industriels réputés
Kyotherm joue un rôle de coordinateur, réunissant autour de chaque projet des partenaires techniques spécialisés dans des solutions telles que la biomasse, la géothermie ou encore le solaire thermique. D’un côté, l’approche garantit la mise en œuvre de technologies adaptées à chaque contexte industriel. De l’autre, elle facilite aussi la mise en relations avec les nouveaux clients potentiels, puisque la société travaille avec des équipementiers réputés comme Dalkia, Engie, Schneider Electric ou encore Honeywell, qui disposent eux-mêmes de contrats cadres avec des industriels pour équiper leurs usines.
Autre avantage, et non des moindres, le modèle économique de Kyotherm repose sur des contrats de long terme, généralement d’une durée de 10 à 15 ans, qui assurent un retour sur investissement stable. "En tant qu’investisseur en infrastructure, notre investissement dans Kyotherm s’inscrit ainsi dans notre stratégie de financement de la transition énergétique tout en nous conférant une forte visibilité en termes de cash-flows sur le long terme", souligne ainsi Aymar de Tracy.
Avec cet investissement, InfraVia vient renforcer le tour de table de Kyotherm, où l’on trouve le fonds de capital-risque Andera Partners qui avait investi en 2022 aux côtés des actionnaires historiques Noria, Johes, Starquest, Ciclad et Bpifrance.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

