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Fusions, Acquisitions / M&A / Lazard

Fusions, Acquisitions
M&A / Lazard

M&A : Lazard tire son épingle du jeu dans un marché poussif

Lazard se classe en deuxième position des league tables temporaires sur le M&A français, selon Dealogic. Si les volumes n’ont pas atteint le record de 2017 notamment en raison de la baisse des intérêts américains ou chinois, les acteurs français sont toujours à la manœuvre, en particulier avec la montée de l’activisme, relève Guillaume Molinier.
Lazard
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Le millésime 2018 des M&A en France aura été de très belle facture pour Lazard. La banque d’affaires a gagné deux places dans le classement provisoire des league tables M&A français 2018 selon Dealogic, et glane la deuxième position, avec 49 deals pour un total de 39,34 milliards d’euros. Tout cela dans un marché français en nette baisse sur un an, qui a ralenti de 42 % à 57,8 milliards d’euros, toujours selon Dealogic. "Le millésime 2018 a pâti de l’effet de base certes élevé avec 2017, mais aussi d’un moins grand nombre de grandes opérations transformantes comme Essilor ou Unibail", analyse Guillaume Molinier, associé-gérant chez Lazard.

Une première raison tient à la baisse de l’intérêt des corporates américains et chinois pour les cibles françaises, selon lui. "Les flux d’investissement M&A entrants vers la France ont ralenti, en raison de la politique économique de Donald Trump côté US, et de l’augmentation de l’interventionnisme des autorités chinoises", relève-t-il, pointant également les difficultés financières de certains fonds chinois autrefois très actifs, comme HNA ou Anbang.

Le début de l’année 2018 a été trompeur selon le banquier, car après un florilège d’annonces pendant les six premières semaines, le marché a marqué un net ralentissement, surtout par rapport à une année 2017 qui avait battu tous les records. Néanmoins, Lazard s’est distingué en travaillant sur les grandes opérations emblématiques de l’année, et a notamment remporté le plus de mandats à plus d’1 milliard d’euros. Il a été notamment en première ligne sur le rachat de l’américain Bioverativ et du belge Ablynx par Sanofi (9,5 et 3,9 milliards d’euros), la cession d’AccorInvest par le groupe de Sébastien Bazin (4,6 milliards d’euros), le rachat de Direct Energie par Total (2,5 milliards d’euros) mais aussi les deals d’Altice comme la vente de ses tours télécoms à KKR pour 1,8 milliard d’euros.

De nombreuses opérations où les corporates français ont été à la manœuvre, un phénomène qui devrait perdurer malgré les interrogations sur l’évolution du cycle économique. "Aujourd’hui les incertitudes ne sont pas dissipées, qu’elles concernent le retour de la volatilité, le ralentissement de la croissance américaine et chinoise, les hausses de taux ou encore les transitions politiques en Europe", juge Guillaume Molinier.

Ce manque de visibilité sera un facteur clé pour 2019, même si les acteurs sont toujours plus enclins à se lancer dans des M&A pour conquérir de nouveaux territoires, adopter l’innovation… et même anticiper les requêtes des activistes. "La France n’échappe pas à la montée de l’activisme. Les groupes s’y préparent et prennent des mesures préventives notamment pour clarifier et optimiser leur communication aux actionnaires", explique Guillaume Molinier. Tout l’enjeu pour les corporates est de bien faire comprendre l’intérêt d’une opération et, de manière générale, le projet stratégique en place pour se prémunir contre des attaques de plus en plus fréquentes et violentes.

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