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Wall Street : la semaine de tous les enjeux
Wall Street a connu un nouveau coup de bambou en ce début de semaine, à une semaine tout juste de Noël : lundi, le Dow Jones et le Nasdaq ont dévissé de plus de 2 %, avant de revenir modestement dans le vert ce mardi. Si bien qu’à l’heure actuelle, le Dow Jones et le S&P 500 accusent leurs plus mauvaises performances en décembre depuis 1931, pendant la Grande Dépression ! Le S&P 500 a même retrouvé son plus bas annuel, alors que les investisseurs échaudés ont retiré 39 milliards de dollars des fonds actions globaux la semaine dernière, selon les données de Bank of America Merrill Lynch. Pire, les fonds obligataires investment grade n’ont pas été épargnés avec 8,4 milliards de dollars de décollecte, si bien que toutes les classes d’actifs sont concernées par cette montée de l’anxiété.
L’ampleur des tensions a étonné même les plus grands. "Nous avions prévenu que les marchés seraient sujets à un déclin temporaire en 2018 si les discussions difficiles avec les États-Unis se transformaient en actions. Mais la magnitude de l’impact de la géopolitique sur les marchés nous a surpris", a concédé Richard Turnill, global chief investment strategist chez BlackRock.
Et les facteurs d’inquiétude ne se sont pas taris, bien au contraire. Le discours du Président chinois Xi Jinping lundi a déçu, dans la mesure où il n’a adressé ni la question des négociations en cours avec les États-Unis, ni détaillé comment le gouvernement comptait s’y prendre pour relancer la croissance. Le cours du pétrole a lui aussi chuté de 4 % après des rapports de hausse des stocks et des prévisions côté États-Unis et Russie.
Enfin et surtout, cette semaine correspond à la dernière réunion de politique monétaire de la Fed, qui doit en principe relever une dernière fois ses taux directeurs mercredi soir. Mais son président Jerome Powell aura la lourde tâche de confirmer le resserrement monétaire, tout en se montrant le plus accommodant possible, avec la montée des dangers sur et hors des marchés.
Pour l’investisseur Jim Cramer, le patron de la Fed devra lever trois interrogations : en premier lieu, reconnaître que l’économie a ralenti depuis ses propos d’octobre dernier, affirmant que les taux étaient encore "loin" de leur niveau neutre, ce qui signifie que la normalisation sera plus lente. Ensuite, faire référence à la fissure des marchés, qui montre une détérioration sous-jacente de l’économie. Mais aussi que la baisse du pétrole pourrait aller à l’encontre du plein-emploi et de la hausse des salaires. Pour toutes ces raisons, un ton plus "dovish" pourrait sans aucun doute remettre du baume au cœur des investisseurs désoeuvrés, et provoquer le fameux "rallye du Père Noël".
D’autres facteurs pourraient jouer en faveur d’un retournement de la tendance très mortifère de ces dernières semaines, toujours selon Jim Cramer. D’une part, un changement de sentiment des investisseurs, qui se comportent comme en période de correction. A cet égard, leur réaction sur Johnson&Johnson, dont le titre a dégringolé à cause de l’affaire de l’asbestos dans ses poudres pour bébés, alors qu’il annonçait le jour même 5 milliards de dollars de rachats d’actions, démontre l’irrationalité ambiante. De même que Goldman Sachs, qui a été sévèrement sanctionné pour ses ennuis judiciaires 1MDB même s’il ne risque pas de condamnation criminelle.
Et d'autre part, le marché doit être porté par un retour à meilleure fortune des GAFA, qui avaient porté le rallye et ont décroché ces derniers mois, et un apaisement notable des tensions commerciales. Mais l’environnement reste particulièrement périlleux, car "c’est le marché le plus traître depuis la crise financière", prévient Jim Cramer.
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