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IPO / krach boursier / Wall Street / Donald Trump

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Marchés US : le sauve-qui-peut du réveillon

Lundi, les marchés américains ont dévissé et connu la pire séance de Noël de leur histoire. En convoquant les patrons des institutions financières pour rassurer, le secrétaire au Trésor Steve Mnuchin a au contraire mis le feu aux poudres et le trading électronique a accentué la peur d’une récession en vue.
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Les marchés américains ont eu la gueule de bois avant même le réveillon de Noël cette année : ouvert seulement lundi matin, le Dow Jones a dévissé de plus de 650 points, soit près de 3 %, et le Nasdaq a même chuté de plus de 5 %, soit la pire séance de veille de Noël de leur Histoire ! Dans un environnement déjà anxiogène, le secrétaire au Trésor Steve Mnuchin a voulu rassurer les investisseurs, mais s’est surtout montré très maladroit. Après avoir organisé un entretien téléphonique avec les patrons des six plus grandes banques américaines (JP Morgan, Bank of America, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Wells Fargo et Citigroup) dimanche, il a publié un communiqué confirmant les "amples liquidités" des banques pour prêter et une "activité robuste des entreprises et particuliers". Mais loin de calmer les inquiétudes, ce genre d’action n’a fait que rappeler les pires heures de la crise de 2008, quand les dirigeants bancaires avaient passé le week-end entier à se concerter pour organiser la faillite de Lehman Brothers.

Et Donald Trump n’a pas arrangé les choses lorsqu’au milieu d’un flot de tweets sur le "shutdown", le financement du mur avec le Mexique ou la Syrie, il a à nouveau attaqué la Fed, affirmant qu’elle était le "seul problème" de l’économie américaine et lui reprochant notamment de ne pas adhérer à ses vues protectionnistes. De quoi plonger les marchés américains dans la plus grande angoisse, le Dow Jones et le S&P 500 ayant reculé de 19 % depuis leurs plus hauts récents, tout près du seuil de correction.

Une explication technique peut être donnée à une réaction semble-t-il disproportionnée :  le trading électronique, qui représente l’essentiel des volumes d’échanges et régit – et même exagère – l’orientation des marchés. Aujourd’hui, les investisseurs "quantitatifs", qui reposent sur des modèles algorithmiques, comptent pour plus de 28 % du marché, selon Tabb Group, une part qui a plus que doublé en cinq ans. Si l’on ajoute à cela les fonds indiciels, le trading à haute fréquence et tous ceux qui ne basent pas leurs décisions sur de la recherche individuelle, ils gênèrent environ 85 % des échanges du marché, selon JP Morgan. Les algorithmes prévoient ainsi d’acheter ou vendre en fonction de facteurs prédéfinis, et sont aujourd’hui massivement à la vente, tandis que les indiciels suivent la pondération de l’indice, si bien que le mouvement de vente s’autonourrit et s’amplifie, avec une rapidité et une amplitude plus forte que chez des humains.

Si le trading électronique renforce le comportement moutonnier, les marchés ne réagissent pas seulement à quelques tweets ou tentatives ratées de désamorçage de la part du Trésor. Les nuages s’amoncellent à l’horizon, qu’ils concernent les tensions commerciales ou le resserrement monétaire inévitable des banques centrales. Selon la dernière enquête du Wall Street Journal, 22 % des économistes anticipent une récession américaine dans les 12 prochains mois, contre 14 % il y a un an. Est-ce réaliste ? D’un côté, les statistiques en temps réel restent très bien orientées : les créations d’emplois restent solides dans une situation de quasi-plein emploi, tout comme la production industrielle, les ventes de voitures et même les ventes retail de fin d’année ont été les plus fortes en six ans. Néanmoins, plusieurs signaux d’alarme se sont allumés sur les marchés, comme la courbe des taux proche de l’inversion, l’élargissement des spreads des corporates ou encore les indicateurs tièdes de confiance des dirigeants.

Les marchés et les acteurs anticipent-ils une récession qui ne se voit pas encore dans les chiffres ? La dernière crise est arrivée très brusquement, alors que l’économie américaine était au firmament en 2007. Et les investisseurs, qui n’ont pas la mémoire si courte que cela, préfèrent devancer le prochain retournement de cycle, qu’il vienne de l’économie américaine ou du reste du monde.

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