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IPO tech : JP Morgan compte se faire une place au sommet
Les IPO tech sont une manne de revenus très attractive pour les banques de Wall Street, et la prochaine vague en vue l’année prochaine déchaîne les passions, et une féroce concurrence. À ce jeu, JP Morgan a décidé de ne plus être l’éternel numéro trois, mais de se faire une place de choix pour emporter les prochains mandats. C’est en tout cas ce qui est ressorti d’un discours de Jamie Dimon lors d’une table ronde en Californie, la semaine passée. "Nous avons fait énormément de progrès dans la Silicon Valley", a-t-il fait valoir, entouré de ses banquiers tech de la région.
Et selon CNBC, la banque américaine est en train de pitcher agressivement auprès des fonds de venture californiens, afin de les convaincre de lui donner le rôle de lead lors de leur prochaine IPO. Son principal argument : les introductions en Bourse réalisées par la banque au moins comme co-lead performent mieux que leurs pairs. JP Morgan a également décidé de recruter des banquiers commerciaux afin de proposer ses services à des start-up financées par des fonds de venture et notamment celles qui ont ce besoin pour leur modèle B-to-C. Et cela, afin d’entrer en relation avec ces licornes en amont et de devenir un partenaire incontournable lorsque se présente le scénario d’une IPO.
L’objectif est d’être nommé comme "lead à gauche", en mention à l’endroit où est référencée la banque teneuse de livres dans le prospectus d’information. "Nous sommes très focalisés. Au lieu de forcer la main de chaque société dans le monde, nous nous disons ‘faisons notre pari’", a commenté Madhu Namburi, patron de l’investment banking tech de JP Morgan. La banque se concentre donc sur cette position de meneur de jeu, afin d'être ainsi en première ligne pour des opérations ultérieures, quitte à perdre des mandats sur d’autres introductions. Et la stratégie commence à payer : JP Morgan a été nommée lead sur neuf opérations cette année, soit presque autant que sur les trois dernières années réunies selon Dealogic. Mais est bien loin des 40 IPO recensées par Goldman Sachs sur cette période.
Sur les deux IPO les plus médiatiques du moment, elle a aussi choisi son camp : elle a discuté uniquement avec Lyft et non Uber depuis deux ans, et a enfin obtenu ce rôle de lead pour une IPO estimée à 15 milliards de dollars début 2019. Certes, cette mise en Bourse sera bien moins importante que celle d’Uber, qui pourrait atteindre 120 milliards de dollars, mais le rôle de lead permet d’engranger une part bien plus importante du deal. Ainsi lors de l’IPO de Snapchat, Morgan Stanley a touché 30 % de fees sur les montants levés, contre 10 % pour JP Morgan, en troisième place. Enfin, dernier critère important : les IPO les plus en vue - et donc les plus concurrentielles - donnent lieu à des décotes significatives sur les fees consenties par les banques. Il faut donc savoir doser son effort en fonction des cibles, du type de mandat et des montants en jeu, un habile jeu de banquier.
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