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Publications, Résultats / Banque / Wall Street / Publication des résultats

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Banque / Wall Street / Publication des résultats

Banques US : Goldman Sachs qui rit, JP Morgan qui pleure

Alors que JP Morgan a dégagé un profit moins élevé qu’attendu par le consensus pour la première fois depuis 4 ans, Goldman Sachs a brillé dans le conseil M&A. Mais le diable se cache dans les détails, en particulier le scandale 1MDB qui plane au-dessus de la banque de David Solomon.
David Solomon, CEO de Goldman Sachs
David Solomon, CEO de Goldman Sachs

Le retour de la volatilité a comme prévu fait des dégâts chez les grandes banques de Wall Street en fin d’année dernière. Citigroup, qui a ouvert le bal des publications de résultats annuels lundi, avait déjà annoncé la couleur en annonçant un recul de 21 % de son activité fixed income au dernier trimestre, soit la pire performance en sept ans. Mais cette contre-performance a été compensée aux yeux du marché par une hausse du profit trimestriel, grâce à un contrôle accru sur les coûts.

Le lendemain, les résultats annoncés par JP Morgan n’ont pas vraiment été plus réjouissants. Certes, son profit trimestriel a bondi de 67 %, mais il a fait moins bien que le consensus attendu par les analystes pour la première fois depuis 15 trimestres, et ce résultat net est à comparer à un exercice 2017 impacté par les provisions exceptionnelles de la réforme fiscale américaine. "Les gens ont débouclé leurs positions pour l’année", a commenté la directrice financière Marianne Lake. "Nous avons vu de gros mouvements de vente sur tous les produits". Surtout, la banque de Jamie Dimon a annoncé une hausse de seulement 1 % de ses prêts industriels et commerciaux, et intégré 250 millions de dollars de plus qu’attendu de provisions pour des pertes potentielles sur ses crédits. Des nouvelles plutôt peu encourageantes sur l’évolution de l’économie américaine en 2019. "Nous n’aurons aucun problème à voir notre portefeuille de crédit s’alléger. Nous ne sommes pas stupides", a même prévenu Jamie Dimon. Chez Wells Fargo qui a publié le même jour, c’est la baisse de 28 % des prêts immobiliers qui a été interprétée comme de mauvais augure sur un possible retournement de cycle.

À l’inverse, l’enthousiasme a prédominé sur les publications du lendemain à Wall Street. Le titre Goldman Sachs a bondi de plus de 8 % après que la firme a annoncé un profit par action supérieur de 40 % au consensus. Si les revenus du fixed income n’ont pas échappé au marasme comme ses pairs (-18 % au dernier trimestre, un plus bas depuis 2008), la banque s’est rattrapée avec une hausse de 56 % de ses revenus issus des M&A, mais aussi un rendement de 12 % sur ses fonds propres, impressionnant dans cette période difficile. David Solomon, qui présentait ses premiers résultats après être arrivé comme CEO début octobre 2018, a donc pu afficher sa satisfaction, même si le spectre de l’enquête sur le scandale 1MDB plane toujours au-dessus de la banque et a créé "une entaille à notre réputation que nous allons résoudre", a-t-il promis. Mais à cet égard, les investisseurs se sont montrés sceptiques sur la provision de 514 millions de dollars faite pour les litiges légaux, un montant qui devrait être revu à la hausse dans la mesure où la Malaisie réclame 600 millions de dollars de fees, sans parler des potentielles sanctions de la justice américaine.

Malgré le rebond de mercredi, le titre Goldman Sachs reste inférieur de 15 % à son niveau début novembre et a perdu 34 % l’an passé, soit la pire performance des banques de Wall Street. Il faudra donc encore plus de bonnes nouvelles pour que le marché croie au potentiel des banques américaines dans un contexte de hausse des taux, et ne se focalise pas sur le ralentissement économique mondial, les tensions commerciales avec la Chine ou encore l’impact d’un shutdown prolongé. Si Wall Street a vu vert mercredi, également grâce aux résultats de Bank of America boostés par les taux plus élevés (+7 %), il suffira d’un autre coup d’éclat présidentiel pour mettre à nouveau le feu aux poudres.

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