Santander : Orcel prêt à aller devant la justice
Mi-janvier, Santander a annoncé renoncer à embaucher Andrea Orcel. L'arrivée de celui qui aurait dû prendre le titre de directeur général a buté sur sa rémunération. Et le patron déchu n'entend pas en rester là. Selon le Financial Times, Andrea Orcel serait prêt à accepter un règlement à l'amiable avec la banque espagnole. Le banquier d'investissement estime avoir un dossier solide, ayant reçu une lettre contractuelle de la part de Santander dans laquelle la financière accepte un package d'une valeur d'environ 50 millions d'euros. Mais si une proposition ne lui est pas présentée, il ira devant la justice.
Pour mémoire, l'embauche d'Andrea Orcel (annoncée en septembre) a été freinée par les rémunérations différées qu'il avait accumulées pendant sept ans chez son ex-employeur UBS. Ladite enveloppe aurait atteint 50 millions d'euros environ. Une facture qui aurait pu être réglée sous forme d'actions de la banque espagnole acquises au fil du temps. Mais Santander - qui n'aurait en amont qu'estimé le montant - aurait trouvé la douloureuse trop salée. Par ailleurs, Andrea Orcel aurait également dû toucher une rémunération en ligne avec celle de l'actuel directeur général, soit 8,9 millions d'euros par an.
Santander aurait estimé que le contexte politique en Espagne ne permettait pas de faire une telle offre à son futur dirigeant. La banque aurait pu également faire face à une opposition de la part de ses actionnaires. "Notre avis juridique était que oui, nous avons des motifs solides si nous devons aller devant un juge, parce que le contexte a changé", a commenté une source du FT. A aussi été évoqué un possible changement d'avis de la part d'Ana Botín, présidente de Santander qui aurait finalement été convaincue qu'Andrea Orcel (qui a conseillé son père par le passé et qui est considéré comme un banquier talentueux) n'était pas le candidat idéal, le fossé culturel étant trop important et sa personnalité colérique parfois décriée.
L'un des principaux avocats britanniques spécialisés en droit du travail a en revanche expliqué au média qu'à moins que l'offre de Santander à Andrea Orcel n'ait inclus une clause faisant référence à l'évolution de la situation politique ou de l'opinion publique, aucun de ces deux facteurs ne constituerait une base juridique solide pour retirer l'offre de la banque. "Un cas de force majeure... peut décharger d'une partie des obligations contractuelles, mais cela doit être bien plus important que l'environnement politique".
De son côté, Andrea Orcel aurait approché plusieurs avocats en Espagne. Il aurait néanmoins des difficultés à trouver un conseil qui n'ait pas de relations avec Santander. Dossier à suivre...
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

