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Publications, Résultats / Peugeot / Carlos Tavares

Publications, Résultats
Peugeot / Carlos Tavares

PSA mérite beaucoup mieux que le jugement du marché

Le constructeur automobile a établi en 2018 à la fois un record en termes de chiffre d’affaires, de résultat opérationnel et de résultat net. Mais le marché qui en demande encore plus à l’avenir, s’estime déçu. Alors que la plus belle entreprise du monde ne peut offrir que ce qu’elle a.
Peugeot 308
Peugeot 308

Il est d’usage de dire que le marché a toujours raison. Cela ne veut pas dire qu’il a raison tous les jours. En tout cas sûrement pas aujourd’hui à voir comment il traite l’action Peugeot. Puisque sur la base des derniers cours, en repli de plus de 3 %, le groupe Peugeot est valorisé par le marché 19,9 milliards d’euros, soit à peine plus que ses capitaux propres. Cela signifie que dans l’esprit des investisseurs, des analystes et des gros actionnaires, la marque au lion ne vaut rien, la force commerciale qui lui a permis de vendre l’an passé 3,88 millions de véhicules ne vaut rien, ses usines, ses machines, son savoir-faire et ses brevets ne valent rien. Surtout sa capacité à créer de la valeur à dégager en une seule année 3,5 milliards d’euros de cash-flow disponible n’existe pas.

À voir cette appréciation du marché, on a le sentiment qu’il y a bien quelque chose de pourri au royaume du CAC. Car il y a trois ans ce groupe qui était englué dans les pertes a vu l’an passé son chiffre d’affaires progresser de 18,9 % à 74 milliards d’euros. Son résultat opérationnel courant s’est élevé à 5,7 milliards traduisant une marge de 7,7 %. Alors que le consensus des analystes établi par Factset anticipait un montant de 5,12 milliards d'euros et un chiffre d'affaires de 74,5 milliards d'euros. Quant au résultat net part du groupe, il a atteint 2,8 milliards d’euros en progression de 47 %. Ce qui permettra le versement d’un dividende de 0,78 euro par action.

Bien sûr, le redressement d’Opel mené de main de maître, et auquel personne ne croyait joue une part importante dans ses comptes remarquables, de même que le succès commercial de certains véhicules au lion. À cela s’ajoute la chasse permanente aux coûts. De fait les dirigeants du groupe ont mis à jour le plan "push to pass" pour la période 2019-2021 qui verra le groupe lancer 116 nouveaux modèles avec une électrification accrue. Le groupe s’est fixé comme objectif d’augmenter ses ventes de 50 % hors d’Europe d’ici 2021 en conquérant de nouveau territoires, notamment l’Amérique du Nord pour Peugeot, l’Inde pour Citroën et la Russie pour Opel afin d’être davantage mondial. Mais en affirmant que l’objectif du groupe était d’arriver, sur cette période, à une marge opérationnelle courante moyenne supérieure à 4,5 % pour la division automobile alors qu’elle était l’an passé de 7,7 % pour les activités historiques et de 4,7 % pour Opel, PSA a déçu les analystes par son manque d’ambition. Même s’il s’agit là d’un palier. La bourse a, de fait, le sentiment que Peugeot a mangé son pain blanc, alors que le meilleur est encore à venir.

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