Politique européenne / Brexit
Politique européenne
Brexit
Les Anglais sont partis pour rester
La question de savoir si les Anglais sont partis pour rester se pose, à moins de quatre jours du nouveau vote des députés au Parlement britannique. Les discussions vont (encore) reprendre tout au long de ce week-end entre Londres et Bruxelles, a déclaré l’attorney général Geoffrey Cox, actuellement chargé de conseiller juridiquement le Royaume-Uni sur les conditions du divorce.
Le backstop irlandais continue d’être le sujet majeur du blocage des pourparlers puisque Londres refuse encore à ce jour ce dispositif imaginé par l'UE pour éviter le retour à une frontière dure entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord. Il est à ce stade difficile d’imaginer qu’une solution raisonnable sera trouvée d’ici mardi. "Pour le moment, nous discutons. Nous n'avons pas entendu de propositions, d'idées ou d'initiatives venant du gouvernement britannique pour surmonter les difficultés actuelles", a déclaré la ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Nathalie Loiseau, dans le quotidien The Guardian.
Puisque la probabilité pour que les députés britanniques rejettent l’accord de retrait en début de semaine prochaine est forte, et qu’une sortie sans accord serait inconsciente, il est fort possible que Theresa May doive jeudi soumettre la proposition de report “limité” du Brexit. De sorte que les Anglais sont partis pour rester un peu plus au sein de la communauté européenne. De l’autre côté de la Manche, le ministre de Finances Philip Hammond s’est permis d’avertir les députés pro-Brexit : en rejetant l'accord mardi, ils risquaient de repousser le départ de l'UE qu'ils appellent pourtant de leurs voeux.
Le Brexit est le principal sujet de conversation au Royaume-Uni, et les citoyens sont tout aussi divisés que ceux qui les gouvernent. Car depuis trois ans, les termes du débat évoluent peu : le montant de la facture, les droits des populations britanniques post Brexit et l’Irlande du nord. Les relations futures en revanche entre les deux parties sont finalement peu évoquées. Le reflet d’une crise institutionnelle majeure : l’idée d’un second référendum (avec des conséquences très incertaines) témoigne de la perte de confiance du gouvernement en la population sur ce qu'elle a initialement décidé à la majorité, et elle-même est lasse de l'incapacité des dirigeants à se démêler des négociations.
Une autre possibilité, quoiqu’infime, serait l'organisation d'un second référendum sur la sortie avec ou sans accord...
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

