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Régulation / Concurrence / Audit

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Audit

E&Y jugé complice d’un délit d’initié aux côtés de Toshiba

Le cabinet d’audit fait face aux procès d’actionnaires du fabricant japonais, accusé de négligence dans l’affaire du rachat à perte de Westinghouse par Toshiba.
Ernst & Young - EY
Ernst & Young - EY

Certains porteurs de part de Toshiba se soulèvent contre Ernst & Young (E&Y) ShinNihon qu'ils accusent de négligence dans l'affaire de rachat de Westinghouse Electric Company par le conglomérat japonais Toshiba. Le cabinet d'audit ne serait pas intervenu dans la divulgation des pertes financières causées par la transaction, se rangeant aux côtés de la discrète stratégie de Toshiba, qui a préféré ne pas trop en dire sur les difficultés rencontrées principalement au cours des exercices 2012-2013.

Il s'agit bien là d'une affaire de délit d'initié puisque Toshiba et E&Y sont accusés d'avoir retenu des informations jugées privilégiées, en ce sens que si elles avaient été transmises aux porteurs de parts, ils auraient pu mener des actions différentes de celles qu'ils ont menées sans détenir l'information. L'achat du constructeur de centrales nucléaires en 2006 pour 5,4 milliards de dollars n'a eu cesse de mener Toshiba de déboires en déboires au cours de la décennie, du fait de retards dans les constructions, et l'acquisition de la société CB&I Stone and Webster (S&W) en 2015 par Westinghouse n'a fait qu'empirer gravement la situation. De fait, elle a contraint Toshiba à déprécier la valeur de sa participation dans Westinghouse de 9 milliards de dollars, ce que réclament exactement aujourd'hui les investisseurs mécontents en guise de dommages et intérêts. Une affaire qui se distingue par son montant exorbitant et dont la portée est tout à fait inhabituelle au Japon.

En 2015 déjà, quelques actionnaires s'étaient regroupés dans le but de poursuivre E&Y, accusé alors d'avoir manipulé des lignes comptables lors de la publication des résultats financiers du constructeur japonais. Selon un rapport du comité d'audit de Toshiba, E&Y aurait minimisé de 107 millions de dollars la perte liée au projet exécuté à la centrale nucléaire Westinghouse. Ce qui avait été à l'époque classée comme une simple "inexactitude non corrigée" représente un quart du bénéfice avant impôts de Toshiba au troisième trimestre de la même année. Ainsi, les porteurs de part portent plainte contre E&Y pour cette "irrégularité" comptable et pour la rétention d'informations privilégiées.

Le nuage noir au-dessus de Toshiba s'était partiellement dissipé en janvier l'an dernier lorsque le groupe avait réussi à céder Westinghouse - placé depuis mars 2017 sous la protection de la loi des faillites - à Brookfield Business Partners, une filiale américaine du fonds canadien Brookfield Asset Management (BAM)

 

 

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