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Professions financières / Audit / kpmg

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Comment l’IA transforme la fonction finance en entreprise / La nouvelle dimension révolutionnaire de l’audit

L'intelligence artificielle révolutionne à grande vitesse la fonction finance des entreprises. Déjà incontournable pour l'information financière et l'audit, son adoption s'accélère, en particulier avec l'émergence de l'IA générative.
L'IA générative promet de faire passer l'audit dans une nouvelle dimension - Photo by Ute Grabowsky / Photothek Media Lab / dpa Picture-Alliance via AFP
L'IA générative promet de faire passer l'audit dans une nouvelle dimension - Photo by Ute Grabowsky / Photothek Media Lab / dpa Picture-Alliance via AFP

Tout va très vite avec l'intelligence artificielle (IA). Sa vitesse d’adoption dans les entreprises est aussi rapide que ses répercussions déjà massives, en particulier dans la fonction finance. L’IA a déjà commencé à bouleverser l’information financière et l’audit, phénomène appelé à s’amplifier. Et ce qui est sûr, c'est qu'il ne s’agit pas d’une mode.

Si seulement 10 % des entreprises ont largement adopté l'IA pour leur information financière à l'heure actuelle, 72 % d'entre elles l'utilisent de manière sélective, et 27 % prévoient de le faire, indique une enquête menée par le cabinet KPMG auprès de 1 800 responsables de l'information financière dans le monde. Et dans trois ans, presque toutes les entreprises (99 %) utiliseront activement l'IA.

 

Un outil stratégique

 

La raison ? L'IA n'est plus vue seulement comme un outil d'efficacité, mais comme un élément stratégique essentiel pour la précision et la rapidité des rapports financiers. C’est d’autant plus vrai depuis l’émergence - il y a seulement 18 mois, avec la naissance de ChatGPT en novembre 2022 - de l’intelligence artificielle dite générative (ou Gen AI si l'on anglicise). "La GenAI est relativement nouvelle, mais nous constatons que les entreprises s'empressent de la mettre en œuvre dans leurs processus d'information financière", notent les auteurs de l’étude.

De fait, l’utilisation de l'IA pour l'établissement des rapports financiers est d’ores et déjà omniprésente dans tous les secteurs d'activité, même si, sans surprise, le secteur des télécommunications et des technologies est le plus avancé, avec 41 % des entreprises qui ont répondu à l’enquête qu'elles mettaient désormais en œuvre l'IA de manière sélective ou à grande échelle dans leur processus d'information financière. Les TMT devancent les secteurs de l'énergie, des ressources naturelles et des produits chimiques (35 %), les produits de consommation et le commerce de détail étant les moins en pointe.

En termes de zones géographiques, c'est en Amérique du Nord que les entreprises interrogées utilisent le plus l’IA, (39 %), suivies par l'Europe (32 %) et l'Asie-Pacifique (29 %). En France et en Europe, l'adoption de l'IA dans le reporting financier suit ainsi le même rythme soutenu qu'à l'international. Environ 65 % des entreprises françaises et européennes sont déjà engagées dans des expérimentations ou utilisent activement l'IA dans leurs processus de communication financière.

Autre constat qui ressort de l’enquête : plus la taille de l'entreprise est importante, plus elle est apte à utiliser massive l’IA dans son information financière. Quatre grandes entreprises sur dix, parmi celle dont le chiffre d'affaires est supérieur à 10 milliards de dollars, font partie de ce que l’on va appeler les leaders de l’adoption de l’IA, cette proportion étant plus de deux fois inférieure pour les entreprises dont le chiffre d'affaires est inférieur à 5 milliards de dollars.

"Plus les entreprises sont grandes, plus elles s’intéressent à la technologie, à son impact dans la production de leurs états financiers ou leur communication financière, et également extra financière. Il y a une corrélation entre la taille et la maturité dans la réflexion vers l'intelligence artificielle ", explique à WanSquare Xavier Nifle, associé Audit, en charge de l’audit digital et de l’innovation chez KPMG en France.

 

L’importante valeur ajoutée de l’IA générative

 

Mais ce n’est donc rien par rapport à ce qui s’annonce. Les entreprises prévoient d'accélérer considérablement l'adoption de l’IA générative au cours des trois prochaines années : 57 % d’entre elles comptent utiliser l'IA générative pour la rédaction de leurs rapports financiers. "Notre analyse montre que les entreprises donneront la priorité à l'utilisation de l'IA générative pour les rapports financiers plus que toute autre technologie ", soulignent les auteurs de l’étude.

La raison ? L’IA générative apporte une importante valeur ajoutée. Elle "offre des avantages indéniables par rapport à l'IA traditionnelle, en grande partie grâce à son "alphabétisation". Avec l'IA traditionnelle, les applications ne font que rechercher et trouver des termes exacts qui doivent souvent être "codés en dur". Mais avec l'IA générique, comme les modèles ont été formés à la façon dont les humains parlent, les applications peuvent trouver des termes similaires ayant la même signification et présenter des résultats pertinents en raison du contexte dans lequel ils sont utilisés, ce qui fait de l'IA générique un puissant outil de recherche, un moteur de comparaison, un synthétiseur et un détecteur d'anomalie", expliquent-ils.

Autre avantage essentiel apporté par IA générative : " la capacité de créer de nouveaux contenus, de nouvelles analyses et de nouvelles idées. Par exemple, genAI peut créer des rapports d'audit à partir de son analyse des données et les adapter aux besoins des différentes parties prenantes".

Car tout comme l'IA s’est rapidement avéré convaincante pour produire de l'information financière, elle apporte également de nouvelles capacités puissantes aux auditeurs, ce dont sont bien conscientes les entreprises, qui ont de fortes attentes à ce sujet. L'étude met d’ailleurs en lumière un fait intéressant : 82 % des entreprises estiment que leurs auditeurs sont soit à la pointe, soit en avance en matière d'analyse financière augmentée par l’IA.

 

Au cœur de la transformation de l’audit

 

Le cabinets d'audit ont bien compris l’enjeu : alors que d'ici trois ans, les entreprises du monde entier utiliseront l’IA dans l'information financière, ils peuvent les aider dans la transformation des directions financières, notamment en développant des plateformes d’audit basées sur l’IA qui s’intègrent aux systèmes des entreprises et contribuent à associer la puissance de l’IA à l’écosystème du reporting.

"Elles aimeraient surtout voir leurs auditeurs donner la priorité à l'utilisation de l'IA générique pour l'atténuation des risques et les contrôles internes, ainsi que pour l'analyse des données et la gestion de la qualité, ainsi que pour l'identification des risques et des anomalies", indiquent les auteurs de l’étude.

En outre, l’"on va progressivement retrouver au sein de la fonction finance, des outils qui vont permettre de formuler des prévisions. L’IA ne permettra plus seulement d’analyser les données du passé, mais aussi de faire de l’anticipation, de se projeter dans l’avenir en produisant des données prospectives. C'est assez révolutionnaire, cela va aussi faciliter l’audit", souligne  Xavier Nifle.

Ainsi, la plupart des entreprises pensent que leurs auditeurs externes utiliseront couramment l'IA générative dans moins de deux ans en moyenne. Les plus en pointe s'attendent à ce que cela se produise encore plus rapidement, d'ici 18 mois seulement.

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