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PwC rappelé à l'ordre

Le cabinet d'audit est déjà régulièrement soupçonné ou sanctionné dans le cadre d'affaires de réseaux de copinage avec Deloitte, E&Y et KPMG. Ce n'était vraiment pas le moment pour qu'un organisme de réglementation révèle qu'il a été peu regardant sur des audits de haute importance...
PwC
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Ce n'est pas la première fois que l'on comprend que des conflits d'intérêts profondément enracinés ont diminué la qualité de l'audit mondial. Les quatre plus grands groupes d’audit financier - Deloitte, PwC, Ernst & Young (E&Y) et KPMG - sont régulièrement soupçonnés ou sanctionnés dans le cadre d’affaires de réseaux de copinage. Le Big Five a d'ailleurs perdu l'un des siens, après que le cabinet Arthur Andersen a été impliqué dans le retentissant scandale Enron.

Et à l’intérieur du Big Four lui-même, les affaires ne manquent pas. L'an dernier, le géant du BTP anglais Carillion faisait faillite quelque mois après que son auditeur KPMG décrivait sa situation financière comme irréprochable. En janvier 2018 également, un magistrat fédéral américain a jugé que PwC a été négligent lors de la faillite de l’américaine Colonial Bank.

Ce n'était donc vraiment pas le bon timing pour que les autorités britanniques révèlent le manque d'implication de PwC dans ses procédures de contrôle sur ses clients du FTSE 350, c'est-à-dire les plus gros. Un tiers des contrôles n'a pas satisfait à la norme de l'organisme de surveillance. L'ironie, c'est que cette actualité arrive un mois à peine après que PwC a annoncé avoir pris des mesures pour améliorer la qualité de son audit. Soit 30 millions de livres supplémentaires, et 500 emplois créés. Le cabinet a par ailleurs annoncé scinder en deux sa pratique d'audit : une première division se concentrerait sur les audits externes traditionnels, l'autre sur des audits pour la direction, parallèlement à de nouvelles évaluations des cyber risques. Pour faire preuve de sa bonne foi, PwC est même allé à charger une brillante professeure d'économie de l'Université d'Oxford d'écrire un article objectif sur Les défis actuels pour les auditeurs en 2019.

Il faut certes admettre que certaines mesures vont dans le sens d'une plus grande transparence des contrôles. En témoigne la réforme de l'audit de 2016 portée par l'ancien commissaire européen, Michel Barnier. L’idée centrale était de rendre obligatoire une rotation des auditeurs tous les dix ans, cette limite pouvant être portée à vingt ans si l’entreprise choisit de passer un appel d’offres au bout de dix ans. Et à vingt-quatre ans dans le cas d’un joint audit, qui permet aux entreprises d’obtenir un regard croisé sur leurs comptes grâce à un co-commissaire aux comptes. Mais à ce stade, tout a été mis sur papier mais rien n'a été fait. Et compte tenu de l'incertitude politique et réglementaire qui règne actuellement au Royaume-Uni, il incombe aux cabinets d'audit eux-mêmes de veiller à la bonne application des lois.

Dans tous les cas, tant que ces cabinets seront autorisés à conseiller les mêmes entreprises qu'elles auditent, les scandales continueront de fleurir. Comme le rappelait récemment l'actuel président du Systemic Risk Council, Paul Tucker, l'audit indépendant devrait pourtant être l'un des piliers du capitalisme moderne.

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