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EY réfléchit à scinder le conseil et l’audit
Les activités de conseil et d’audit d’EY seront-elles bientôt scindées en deux entités distinctes ? L’information lancée il y a quelques jours par le Financial Times selon laquelle une réflexion a été engagée sur le sujet par le cabinet pluridisciplinaire, a relancé une question régulièrement évoquée mais jamais tranchée parmi les "Big Four", soit les plus grandes firmes du secteur dans le monde (EY, Deloitte, PwC et KPMG).
Il n’y a pas de certitude d’ailleurs que l’évaluation stratégique menée par EY aboutisse. Celle-ci n’en est qu’aux premiers stades et aucune décision n’a été prise pour l'instant, a indiqué la société à WanSquare, assurant que "tout changement significatif interviendrait seulement en concertation avec les régulateurs et après un vote des associés". Si la voie de la scission était choisie, chaque entité nationale aurait ainsi son mot à dire, sachant qu’EY emploie 312 000 personnes avec plus de 700 bureaux dans plus de 150 pays dans le monde.
Pour l’instant, les banques d’affaires JPMorgan et Goldman Sachs, qui, selon le FT, conseillent EY dans sa réflexion, n’ont pas rendu d’avis ferme sur l’opportunité de scinder les activités du cabinet, ni sur la forme que prendrait cette restructuration, qui pourrait donner lieu à une introduction en Bourse des activités de conseil.
La question de la séparation des activités d’audit et de conseil des grands cabinets d’expertise comptable n’est en tout cas pas nouvelle. De la faillite du groupe de courtage en énergie Enron en 2001, qui avait entraîné la chute du cabinet Andersen, à celle du spécialiste allemand des paiements Wirecard l’an dernier, les cas les plus retentissants de fraudes comptables ont poussé les régulateurs à établir une frontière plus ou moins nette entre les activités.
La loi américaine Sarbanes-Oxley de 2002 interdit ainsi aux cabinets d’audit de combiner les prestations de conseil et d’audit pour un même client aux Etats-Unis. Mais en France, la loi Pacte de 2019 a rompu la séparation qui avait été instituée entre l’audit et le conseil par la loi de sécurité financière de 2003, celle-ci ayant été remplacée par une procédure dite de "risque sauvegarde". De son côté, Londres a donné jusqu’au 30 juin 2024 aux "Big four" pour mettre en œuvre leurs plans de séparation opérationnelle de leurs métiers d'audit, sans aller jusqu'à exiger des grands cabinets d’expertise comptable qu’ils scindent leurs activités dans des entités légales séparées.
Le projet d’EY, s’il voit le jour, irait donc plus loin avec la création de deux sociétés séparées, qui permettrait d’une part de ne plus être exposé aux accusations de conflit d’intérêt. Outre la question déontologique, séparer l’activité d’audit aurait aussi potentiellement des retombées très favorables sur l’activité. La nouvelle activité de conseils séparée pourrait fournir ses services auprès d’un large éventail d’entreprises actuellement auditées par EY. D’autre part, le groupe aurait les mains totalement libres pour investir dans le seul développement de ses activités de conseil, bien plus rentables, sans avoir à supporter le poids d’activités d’audit soumises à de nombreuses contraintes réglementaires.
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