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Régulation / Concurrence / kpmg / Pwc / big four

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Et maintenant, KPMG !

Une semaine après que PwC a été rappelé à l'ordre, c'est un nouveau coup dur pour la réputation de l'oligopole officieux de l'audit. Un tribunal disciplinaire inflige une amende de plusieurs millions de livres sterling à KPMG.
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Le chien de garde de l'audit a encore dû aboyer férocement, car l'un des bandits du clan habituel a encore frappé. KPMG, membre officiel de l'oligopole officieux formé avec PwC, Deloitte et E&Y se voit infliger une amende de 5 millions de livres après une enquête déclenchée et opérée par le Financial Reporting Council du Royaume-Uni. Soit une semaine après que PwC a été rappelé à l'ordre pour son manque d'implication dans les procédures de contrôles de ses clients du FTSE 350.

Ce pour quoi KPMG a été jugé tient à des actes devenus banals dans le milieu. Il a préféré fermer les yeux sur la mauvaise conduite de BNY Mellon entre 2007 et 2011. Comme lorsqu'il a décrit la situation financière de Carillon comme étant irréprochable peut avant que le géant du BTP anglais ne fasse faillite. Comme lorsque PwC a été jugé négligent dans la faillite de l'américaine Colonial Bank. Comme lorsque PwC a payé la pénalité la plus sévère pour faute professionnelle grave lors de son audit de la chaîne de grands magasins BHS. Comme lorsque l'Institut de la comptabilité et du commissariat aux comptes (ICAC) reproche en 2017 à Deloitte une"infraction grave" dans l'audit des comptes 2011 de Banco Santander, etc.

Dans le détail, KPMG aurait cette fois approuvé les rapports de la plus grande banque dépositaire au monde entre 2007 et 2011 alors qu'elle ne respectait pas les règles sur la protection des actifs des clients. Ce qui les a exposé, eux, et l'ensemble du système financier, à des risques en cas de faillite de la banque. L'autorité réglementaire britannique avait demandé 12,5 millions de livres pour ces audits bâclés. Le tribunal en requiert moins de la moitié. Et KPMG peut encore demander un rabais. Ce que le cabinet - dont le chiffre d'affaires frôle les 40 milliards de dollars l'an dernier - ne se privera pas de faire, puisque les avocats estiment que l'amende ne doit pas dépasser 1,4 million de livres sterling. 

Dans tous les cas, c'est KPMG qui devrait remporter la palme d'or pour le montant total des amendes qui lui ont été infligées. Si le cabinet finit par faire le chèque, cela portera à 20 millions de livres les sommes qui lui ont été requises pour faute depuis juin 2018. C'est plus que toutes les amendes infligées à l'ensemble de l'industrie de l'audit l'an dernier au Royaume-Uni. Mais quand donc les autorités compétentes jetteront-elles un pavé suffisamment lourd dans la mare pour que ces activités frauduleuses ne cessent !

Le Brexit a repoussé aux calendes grecques les mesures pensées par le gouvernement pour casser le monopole des "Big Four". L'an dernier Ernst&Young a pu racheter Riverside Law, l'un des cabinets juridiques majeurs de Londres, preuve de l'extension de son territoire d'activité. C'est dire la puissance du conflit d'intérêt pour ces cabinets qui peuvent auditer les plus grandes entreprises mondiales tout en leur offrant leurs services de conseil fiscal, et désormais juridique.

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