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Le big bang d’EY reporté sine die / Le projet de scission annulé, la branche américaine lance un plan de simplification

L’abandon du projet de scission des activités d’audit et de conseil d’EY ouvre une période d’incertitude pour le Big Four, qui n’écarte toutefois pas définitivement toute idée de scission dans le futur. En attendant, la branche américaine, à l’origine de l’échec, se lance dans un plan de simplification devant générer 500 millions de dollars d’économies.
Le cabinet EY a annulé son projet de scission - Laurent GRANDGUILLOT/REA
Le cabinet EY a annulé son projet de scission - Laurent GRANDGUILLOT/REA

La scission d’EY n’aura pas lieu, du moins pas tout de suite, et la forme qu’elle prendrait si le sujet devait un jour revenir sur la table reste à élaborer. Le big bang de la séparation des activités d’audit et de conseil du géant britannique, membre des Big Four, est tombé à l’eau. Les dirigeants mondiaux du cabinet Big Four ont annoncé mardi dans une note qu'ils "cessaient de travailler sur le projet", auquel s’opposait sa branche américaine.

Approuvé en septembre dernier par la direction mondiale d’EY, le projet, baptisé "Everest", devait initialement être soumis à l’approbation des 13 000 partners du cabinet entre mi-novembre 2022 et fin janvier 2023. Retardé à plusieurs reprises, le vote devait finalement intervenir fin avril ou en mai dans les 75 pays où le groupe est présent, chaque branche nationale étant indépendante juridiquement au sein du réseau.

La direction a dû faire machine arrière face à l’opposition des responsables des activités américaines d'audit qui estimaient que l'activité de conseil allait recevoir l'essentiel des activités fiscales, très lucratives. La division des équipes de fiscalistes, dont les compétences sont utiles tout autant dans l’audit que pour les services de conseil, a constitué le principal point d’achoppement du projet. Un groupe influent d’associés à la retraite avait rejoint la fronde, s’inquiétant de la solidité financière et des perspectives de croissance du cabinet d'audit autonome qui, en fin de compte, devait supporter les retraites. Au point que la responsable des activités américaines d'EY, Julie Boland, avait déjà semé le doute le mois dernier en demandant de mettre en pause le projet, avait révélé le Financial Times.

La branche américaine d'EY représentant environ 40% des revenus mondiaux du groupe, qui se sont élevés à 45 milliards de dollars en 2022, elle disposait de facto d'un fort pouvoir de négociation dans la transformation annoncée. Malgré la volonté de Julie Boland de faire avancer le projet en le retravaillant, aucun accord n’a pu être conclu, laissant le groupe désuni après l’échec d’une refonte ambitieuse sur laquelle il travaillait depuis plus d’un an. Après plus de 100 millions de dollars et beaucoup d’efforts investis et finalement anéantis par un petit groupe de cadres américains, le groupe ne tourne toutefois pas définitivement la page d’une éventuelle scission ultérieure.

La direction mondiale du groupe "reste déterminée à aller de l'avant avec la création de deux organisations de classe mondiale", a-t-elle indiqué dans sa note, tout en reconnaissant que le groupe "a besoin de plus de temps pour faire les investissements nécessaires pour préparer les entreprises à une séparation". La scission des activités d’audit et de conseil devait notamment permettre de réduire le risque de conflit d'intérêt, un sujet récurrent qui continuera à se poser. D’autre part, l’un des gros avantages escomptés de l’opération était "de pouvoir être beaucoup plus agile et ainsi de pouvoir conclure des partenariats stratégiques, nouer des alliances avec des grands acteurs technologiques, ce que jusque-là il n’était pas possible de faire dans de nombreuses hypothèses", soulignait à WanSquare Eric Fourel, le président d’EY France, en septembre dernier.

En attendant un hypothétique futur nouveau projet de séparation, les dirigeants américains, qui ont causé l’échec de celui-ci, ont présenté une nouvelle stratégie dans une nouvelle note à leurs partners, visant à "accélérer la prise de décision, rationaliser les responsabilités et réduire la complexité", rapporte le Financial Times. Sans donner de détails, le mémo cité par le journal indique que ce programme américain de simplification "commencera immédiatement", prévoyant "de générer des économies aux États-Unis de 500 millions de dollars au cours des 12 prochains mois".

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