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Le mauvais procès fait à François-Henri Pinault

Le patron de Kering a vu sa rémunération passer de 2,7 millions en 2017 à 21,9 millions d’euros en 2018. Mais c’est oublier que celle-ci comprend un bonus pluriannuel de 18,6 millions d’euros.
Francois Pinault
Francois Pinault

Depuis deux jours le tout-Paris des affaires est en émoi parce que le document de référence de Kering a permis de découvrir la rémunération de François Henri Pinault en 2018. Or celle-ci s’est élevée à 21.873.974 euros au lieu de 2.753.000 en 2017. Pourtant sa rémunération fixe est restée stable à 1,2 million d’euros et sa rémunération variable a logiquement augmenté de 38 % à 1,94 million d’euros. Ce qui n’a rien d’étonnant compte tenu des performances spectaculaires de Kering l’an passé.

Le gros de la rémunération de François Henri Pinault provient donc de la monétisation par le patron de Kering d’unités monétaires Kering (ou KMUs) mises en place en 2013 pour créer un mode d’intéressement qui privilégie la performance à long terme. Ces unités, dont la valeur initiale est de 152 euros évoluent en fonction de la progression relative du cours de l’action Kering par rapport à un panier de 7 valeurs du Luxe. La période d’acquisition définitive de ces KMUs est fixée à 3 ans à compter de leur attribution. Elle ouvre une période de monétisation de deux ans (lors de deux fenêtres annuelles) à l’occasion de laquelle les bénéficiaires peuvent percevoir la contrepartie en numéraire de leurs KMUs sur la base de la dernière valeur déterminée. C’est ce qu’a fait François Henri Pinault tout naturellement l’an passé après que le cours de Bourse a progressé de 150 % en l’espace de trois ans.

On a du mal à comprendre pourquoi cette rémunération qui aligne parfaitement les intérêts des dirigeants, de la société et des actionnaires, déclenche de tels cris d’orfraie. Bien sûr il s’agit d’un montant très important que l’on ne peut pas comparer à un Smic. Mais il ne s’agit pas ici de faire de la démagogie mais simplement de regarder si ce bonus est cohérent avec la valeur créée. Et il l’est.

C’est la raison pour laquelle le comité des rémunérations a décidé de renouveler ce bonus qui sera soumis au vote des actionnaires. Afin d’aligner la rémunération variable pluriannuelle sur la performance à long terme du Groupe, l’acquisition définitive des KMUs est soumise pour François Henri Pinault à des critères de performance tirés de trois indicateurs financiers opérationnels : le résultat opérationnel courant, le cash-flow libre opérationnel et le taux de marge opérationnelle courante. Si, pour au moins un de ces trois indicateurs, une progression est constatée entre la moyenne des niveaux observés sur la période d’acquisition (3 ans) et le niveau affiché dans les comptes consolidés de la Société pour l’exercice précédant l’année d’attribution, 100 % de l’enveloppe de KMUs attribuées serait en conséquence monétisable. À défaut, l’enveloppe de KMUs attribuées serait définitivement perdue.

Tout cela est clair et ne souffre aucune contestation, ni sur le fond, ni sur la forme. Il serait plus intéressant de s’intéresser à tous ces patrons du SBF 120 ou du CAC 40 qui voient leur rémunération progresser alors que les performances boursières de leurs sociétés sont misérables. Et les cas ne manquent pas. Hélas.

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