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Private Equity / Capital-investissement / AXA / Bpifrance

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En Europe, le capital-risque finance des sociétés… moins risquées

Selon les données de Dow Jones Venture Source, les investissements des fonds de venture ont grimpé de 22 % en Europe au premier trimestre, mais il s’agit de tickets de plus en plus gros en faveur des start-up les plus matures, au détriment de l’amorçage.

Le capital-risque aurait-il dévoyé son propre nom ? C’est le sentiment qui domine lorsque l’on examine les données sur le marché européen du venture au premier trimestre, publiées par Dow Jones VentureSource. Car les chiffres font apparaître deux tendances contradictoires : d’un côté, le marché semble très dynamique en valeur, avec 6,79 milliards de dollars investis dans des start-up sur les trois premiers mois de l’année, en hausse de 22 %. Soit le deuxième meilleur trimestre jamais enregistré, après le quatrième trimestre 2015. Mais de l’autre, le nombre de deals a chuté de 9 % à 743 opérations, et même de 17 % par rapport au dernier point haut de mi-2018.

Et si l’on détaille les sous-segments du venture, ce sont les tours de table les plus en amont, "early stage", qui ont été le plus impactés. Ainsi, on a dénombré seulement 74 deals d’amorçage au premier trimestre 2019, un chiffre en baisse de plus de 30 % sur trois mois ! Le chiffre est également en baisse pour les premières levées de fonds dites Series A, en baisse de 9 % à 219 tandis que les volumes se maintiennent ou sont en hausse pour les tours ultérieurs. En montants, cela signifie que les capitaux sont alloués de façon de plus en plus disproportionnée aux sociétés plus matures : seuls 102 millions de dollars ont été abondés en amorçage (-33 %), alors que 3,84 milliards d’euros ont été levés par des start-up qui en sont déjà à leur troisième appel aux investisseurs. Conséquence logique, le ticket moyen progresse encore à 3 millions d’euros, proche de son record historique.

Sur le plan sectoriel, ce sont les technologies de l’information (IT) et les services financiers et aux entreprises qui concentrent l’intérêt des investisseurs, puisqu’ils représentent 57 % du nombre de deals et même 62 % des montants en Europe au premier trimestre. La France ne figure pas parmi les cinq plus gros deals du trimestre et l’Hexagone reste loin du numéro 1 le Royaume-Uni, mais cocorico ! Bpifrance reste le troisième acteur en Europe, avec 16 deals à son actif sur trois mois. Et c’est Axa Venture Partners qui emporte la palme du plus important closing, avec 132 millions d’euros levés pour son fonds Early Stage II.

Enfin, les sorties ne sont pas très favorables non plus, puisque les M&A sont en légère baisse (76 ventes au Q1) tandis que l’on dénombre seulement 8 IPO, une de plus que fin 2018 mais pour des montants en chute drastique de 88 %. "Avec ce tableau contrasté, il est difficile d’établir des tendances de long terme", prévient Dow Jones VentureSource. Mais il faudra une nette reprise pour compenser un début d’année moribond sur le front du venture européen, surtout pour les plus jeunes pousses.

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