Fusions, Acquisitions / M&A / Lazard / Publication des résultats
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Lazard sauve difficilement les meubles
Alors que les banques américaines ont réussi à compenser la faiblesse du trading par le dynamisme de leur activité de conseil M&A au premier trimestre, cela n’a pas été le cas de Lazard, même si elle a fait mieux qu’attendu. La banque d’affaires a publié ce matin des résultats trimestriels moribonds, aussi bien au niveau du conseil que de la gestion d’actifs, par rapport à un début d’année 2018 certes très actif. Ses revenus de conseil financier sont en baisse de 15 % à 330 millions de dollars, tandis que la gestion d’actifs recule de 14 % à 284 millions de dollars, toujours impactée par la montée en puissance de la gestion passive. Et le résultat net chute de 39 % sur un an à 97 millions de dollars, soit 80 cents par action, même si cela reste supérieur aux 65 cents par action qu’anticipait le consensus selon Refinitiv.
La raison de cette performance au premier trimestre est dévoilée par le CEO Kenneth Jacobs lui-même : "une activité de conseil inégale selon les géographies." Certes, Lazard s’est inscrite en première du classement français des M&A au premier trimestre selon Refinitiv, mais elle a été rétrogradé de la quatrième à la quatorzième place des league tables au plan mondial, avec un peu moins de 29 milliards de dollars d’opérations annoncées. Or, si le marché français est resté stable sur les trois premiers mois de l’année, Lazard a semble-t-il pâti du coup d’arrêt des opérations en Europe sur cette période (-56 % à 131 millions d’euros, selon Dealogic).
Surtout, l’activité dirigée par Matthieu Pigasse n’a pas profité de la hausse du marché américain, portée par quelques très grandes opérations comme la vente de Celgene à Bristol-Myers dans la santé pour 74 milliards de dollars, celle de Worldpay à Fidelity (35 milliards de dollars) ou de FirstData à Fiserv (22 milliards de dollars) dans les paiements sécurisés. Le plus gros deal conseillé par Lazard sur le trimestre a été l’acquisition de Red Hat par IBM pour 34 milliards de dollars, déjà annoncée en octobre dernier.
Hasard ou non, Lazard a annoncé début avril des changements au sein de la gouvernance de son activité conseil. Elle a ainsi promu Peter Orszag, auparavant en charge du conseil M&A en Amérique du Nord, comme CEO monde du conseil financier. Il succède ainsi à Alex Stern, nommé président de la firme, qui aura à charge de développer la stratégie de croissance du groupe, notamment dans les initiatives technologiques et le développement de la gestion d'actifs.
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