Macro-économie / Taux / Japon / croissance / Balance commerciale
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Japon / croissance / Balance commerciale
Le Japon repousse - temporairement - une récession économique
La parution des chiffres de la croissance japonaise, dans la nuit de dimanche à lundi, a surpris une large partie des économistes, qui prévoyaient un trimestre en récession. Selon le cabinet du Premier ministre Shinzo Abe, la croissance économique nipponne s’établit à 0,5 % en glissement trimestriel. En rythme annuel, cela correspondrait à une croissance annuelle de 2,1 %.
En observant le détail des contributions au Produit Intérieur Brut, c’est l’excédent commercial qui est le premier responsable cette éclaircie. Étonnamment, ce n’est pas la hausse des exportations qui explique ce phénomène puisqu’elles se sont contractées de 2,4 % au premier trimestre 2019. La réponse se trouve du côté des importations qui ont drastiquement chuté de 4,6 %, une tendance particulièrement inattendue après une année 2018 déficitaire.
Les autorités publiques se réjouissent de cette embellie. Le ministre de l’économie Toshimitsu Motegi assurait, à la suite de la publication des données officielles : "Il n'y a pas de changement de notre point de vie. Les fondamentaux portant la demande domestique restent solides". Même si le ministre de l’économie se voulait rassurant, la baisse de la demande intérieure est un fait statistique. Le Japon ne parvient plus à entretenir une dynamique positive au sein de son marché domestique, un signal préoccupant avant l’entrée en vigueur d’une hausse de la TVA en octobre.
Si les performances inattendues de la croissance ont redonné un bol d’air à la Bourse de Tokyo, les vieux démons récessionnistes continuent de guetter l’économie japonaise.
Les inquiétudes concernant les perspectives économiques japonaises ne sont certes pas nouvelles. L’OCDE s’interrogeait déjà en 2000 sur ce pays qui s’oriente lentement mais sûrement vers un modèle de stagnation séculaire, se caractérisant par des indicateurs macro-économiques fixés à 0. Cet affaissement résulte de causes profondes qui éreintent le Japon depuis plus de 20 ans : une stagnation des salaires à long terme, ainsi qu’une baisse permanente du pouvoir d’achat des ménages.
Le Japon semble pourtant déterminé à ne pas ménager ses efforts. Le pays multiplie les investissements, qu’ils soient publics ou privés, et entretient son déficit public pour soutenir l’activité. Malgré l’abnégation gouvernementale, l’arrivée d’une récession semble inévitable. Nombre d’indicateurs en témoignent : le plein-emploi est atteint, avec un chômage structurel élevé et une main-d’œuvre disponible de plus en plus rare.
Sans oublier que le Japon est confronté à un important vieillissement de sa population : un quart de ses habitants ont plus de 65 ans, ce qui crée de sérieux problèmes de dépendances.
Le constat est sans appel, les capacités de production japonaises sont mises à rude épreuve dans une économie déjà tendue. Raison pour laquelle il est peu probable que l’économie nipponne parvienne à faire illusion dans les années à venir.
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