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SMCP s'offre De Fursac
En apprenant que Sandro Maje et Claudie Pierlot (SMCP) rachète la griffe De Fursac, financée en totalité par de la dette, on pense à la grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf, tant et si bien qu'elle éclate. En fait, c'est un conglomérat chinois solide et aux dents longues qui se cache derrière l'opération, de telle sorte qu'il y a peu de chance pour qu'elle échoue.
Le roi du textile chinois Shandong Ruyi a bien l'intention d'accélérer son développement pour, à terme, rivaliser avec les grands groupes de luxe. Déjà en 2016, SMCP est passé sous le pavillon asiatique, appartenant jusqu'alors au fonds d'investissement KKR qui ne maintient plus qu'une participation minoritaire. Et aujourd'hui SMCP annonce être entré en négociations exclusives avec la maison De Fursac, l'une des références du chic masculin à la française.
Si bien que LVMH, Kering ou encore Richemont, ces trois puissances régnantes du luxe mondial, pourraient bientôt accueillir dans leur cercle très fermé, le conglomérat chinois Shandong Ruyi. Prêt à en découdre, il cible des marques de luxe dites "accessibles" pour constituer un portefeuille suffisamment garni et défier ses adversaires. Sans surprise, SMCP a annoncé que l'acquisition aura entre autres pour but d'accélérer le développement géographique de De Fursac en Grande Chine - Hong Kong compris. En ouvrant cinq à dix magasins par an, le nouvel ensemble devrait considérablement augmenter les ventes de la griffe parisienne à l'étranger, qui n'est actuellement que de 2 %.
Et pour se développer, Shandong Ruyi a bien raison de miser sur le luxe masculin. Selon Euromonitor International, le chiffre d'affaires mondial de la mode hommes s'est élevé à 389 milliards d'euros en 2018, en croissance de 4,5 % sur un an. De Fursac a déjà réalisé l'an passé un chiffre d'affaires de plus de 40 millions d'euros, en croissance de 5,4 % sur un an, et affiche une marge d'exploitation bien supérieure à celle de SMCP. En revanche, et malgré ses ambitions fortes et affichées, le chinois est encore loin d'atteindre son but. Lui dont le chiffre d'affaires peine à dépasser les 2,5 milliards d'euros en 2018, quand LVMH affiche un chiffre d'affaires de 48,8 milliards d'euros... Le champion du luxe français qui bénéficie du succès de modèles iconiques et des nouveautés chez Louis Vuitton dont la rentabilité se maintient encore à des niveaux exceptionnels.
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