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Stéphane Richard conforté chez Orange

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Stéphane Richard conforté chez Orange

Le patron de l’opérateur français, mis en cause dans l’affaire de l’arbitrage Tapie-CDR, risquait gros. Comme tous les prévenus, il bénéficie d’une relaxe. Ce qui lui permet de ne pas remettre son mandat en jeu et de préparer désormais Orange pour le long terme.
Stéphane Richard - Orange
Stéphane Richard - Orange

Surprise générale ce matin à l’annonce du jugement en délibéré de l’affaire dite de l’arbitrage Tapie. Toute la Place de Paris attendait de savoir si le tribunal correctionnel allait considérer que cet arbitrage entre Bernard Tapie et le CDR, qui avait permis à l’homme d’affaires de toucher en juillet 2008 un peu plus de 400 millions d’euros et notamment 45 millions d’euros de préjudice moral, avait été entaché d’escroquerie. Faute de preuves, le tribunal correctionnel a prononcé une relaxe générale. À l’égard de Bernard Tapie d’abord, de son avocat, Maurice Lantourne, des arbitres, du patron du CDR et de Stéphane Richard qui, en 2008 était directeur de cabinet de Christine Lagarde, la ministre de l’Économie qui avait choisi de clore cet épisode judiciaire par le recours à l’arbitrage.

Cette relaxe est surprenante dans la mesure où en 2015, la justice civile a considéré qu’il y avait eu fraude, à l’occasion de cet arbitrage et l’avait donc annulé, obligeant Bernard Tapie à rendre l’argent qu’il avait touché. Donc d’un côté les magistrats expliquent que cet arbitrage est frauduleux, mais que ceux qui y ont participé n’ont pas commis la moindre faute. Comprenne qui voudra !

Une peine de cinq ans de prison ferme avait été requise le 1er avril contre Bernard Tapie, jugé pour "escroquerie" et "détournement de fonds publics". Pour le parquet, l'ancien ministre avait "truqué" l'arbitrage qui lui a accordé en juillet 2008 la somme inédite de 45 millions d'euros au seul titre du préjudice moral, en réparation d'une "faute" du Crédit Lyonnais lors de la revente de l'équipementier sportif Adidas.

Stéphane Richard, le patron d’Orange, était lui soupçonné de complicité d'escroquerie et de détournement de fonds publics et n'a été entendu dans l'affaire pour la première fois qu'au mois de mars dernier. Le parquet avait requis à son encontre trois ans de prison dont 18 mois ferme, 100.000 euros d'amende et une interdiction de toute fonction publique pendant cinq ans. Certains imaginaient que c’est lui qui aurait poussé le pouvoir sarkozyste à choisir la voie arbitrale au lieu de la justice ordinaire. Puis ce serait également lui qui se serait assuré de la partialité des juges arbitres.

Très respectueux de sa fonction, Stéphane Richard avait prévenu que s’il était condamné il remettrait son mandat dans les mains du conseil d’Orange. D’aucuns voyaient déjà Nicolas Dufourcq ou Alexandre Bompard, tous deux administrateurs d’Orange, lui succéder. Sans porter le moindre jugement sur l’avis du tribunal correctionnel, il est bien qu’un groupe comme Orange qui vient de subir le rappel de quelques années noires avec le procès des "suicides" de France Télécom, puisse envisager son avenir sans changement de dirigeant. Le groupe accuse depuis quelques mois de mauvaises performances commerciales. Il pâtit d’un manque cruel en matière d’innovation. C’est dire s’il y a du travail à mener à sa tête afin de créer à nouveau de la valeur, d’affronter le défi de la 5G et d’endiguer les pertes d’Orange Bank. Autant de défis que le marché apprécie négativement avec un titre en sous-performance de 10 % par rapport au CAC 40 depuis un an. Libéré de ses tracas judiciaires, Stéphane Richard doit maintenant reprendre la barre en mains.

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