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Bourbon : les dégâts sont majorés
Le tribunal de commerce de Marseille a ouvert hier une procédure de redressement judiciaire de Bourbon Corporation mais aussi pour la sous-holding Bourbon Maritime, sur la demande de la société elle-même. Initialement, Jacques de Chateauvieux avait uniquement songé à sacrifier la tête du Groupe pour le bien des autres sociétés opérationnelles qui pourront poursuivre leur fonctionnement normalement. Désormais, ce n'est donc pas une mais bien deux sociétés du Groupe qui sont menacées.
Cette actualité est la preuve de l'échec des négociations entre la société mère Bourbon, son PDG et ses créanciers. Sur fonds d'un endettement de 2,7 milliards d'euros, les prêteurs avaient proposé à la fin du printemps un accord un peu particulier, celui de devenir propriétaire de 93 % du capital en échange d'une ardoise effacée. Le premier actionnaire de Bourbon Jacques de Chateauvieux poussait au contraire pour une solution alternative afin de garder le contrôle du capital, dans un climat particulièrement tendu. Quelques heures après l'Assemblée générale de Bourbon à la fin juin, deux administrateurs indépendants, Élisabeth Van Damme et Antoine Grenier, démissionnaient alors, sans que le Groupe ne souhaite commenter leurs départs à l'époque.
Au mois de juillet et las des discussions non abouties, le créancier chinois ICBC Leasing décide de faire pression sur le parapétrolier en demandant des garanties immédiates d'un montant de plus de 800 millions d'euros. Ce que Bourbon était bien sûr en incapacité de fournir. C'est bien cette demande qui a placé immédiatement Bourbon Corporation en cessation de paiements, entraînant de fait un redressement judiciaire. Quant à Bourbon Maritime, le Groupe explique que certains prêteurs français auraient exigé une accélération du remboursement de leurs créances pour un montant de 720 millions d'euros. Ce que Bourbon est encore là incapable de fournir.
Il est loin le temps où Bourbon, sous les commandes de Jacques de Chateauvieux, avait su opérer un virage stratégique porteur en se désengageant du sucre pour aller vers la pêche industrielle puis la grande distribution, avant de se lancer avec vigueur sur le marché du forage de l'or noir, signant une histoire particulièrement successful pour l'une des deux familles fondatrices des Sucreries de Bourbon, originaires de la Réunion. Désormais, les bateaux spécialisés rouillent à quai et la double procédure de redressement judiciaire devrait refroidir les clients et peser encore sur l'activité de la société.
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