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Bourbon / jacques de chateauvieux

Bourbon sacrifie la tête de proue

En dépit des négociations à l'amiable en cours entre Bourbon et ses créanciers, le prêteur chinois a préféré lancer des appels en garantie. Au pied du mur, le capitaine Jacques de Chateauvieux décide de sacrifier Bourbon Corporation.
Forage pétrolier en Seine et Marne - pétrole
Forage pétrolier en Seine et Marne - pétrole

Au mois de mai, les grands créanciers de Bourbon lui proposaient un accord un peu particulier, celui de devenir propriétaire de 93 % du capital en échange d'une ardoise effacée. Ainsi, BNP Paribas, Société Générale, Natixis mais aussi la banque chinoise ICBC Leasing, premier crédit-bailleur de Bourbon auraient pardonné la charge nette de 2,5 milliards d'euros. Celle dont le Groupe a hérité après le désengagement des compagnies pétrolières dans le golfe du Vietnam et le retournement des cours du pétrole qui ont fait fuir les investisseurs.

Une restructuration financière qui donne tout pouvoir aux banquiers, et qui a le vend en poupe. Après l'équipementier aéronautique Latécoère et le géant du papier Sequana, c'est aussi ce que Vivarte, dont la cure d'amaigrissement n’a pas suffi à compenser la dette issue d'achats compulsifs, vient d'envisager. Mais pour Bourbon, le tour de passe-passe, qui a l'avantage de favoriser considérablement le sort financier de ces entreprises en difficulté, ne serait finalement pas envisagé. De fait, le capitaine Jacques de Chateauvieux, qui avait su faire passer l'entreprise familiale du sucre à l'offshore avec esprit et vigueur, a préféré placer la tête de son groupe sous l'égide du tribunal de Marseille, plutôt que de donner les clés à ses créanciers.

Voici le plan. Dans un communiqué de presse, Bourbon ne cite que son créancier chinois qui aurait fait pression sur le parapétrolier pour obtenir une garantie immédiate du règlement des loyers restant dus jusqu'en 2026. Ce que Bourbon est bien sûr en incapacité de fournir. C'est ici que la tête du Groupe, Bourbon Corporation, dépose une demande d'ouverture de sauvegarde, préférant nier l'état de cessation des paiements. Ce que le tribunal de commerce de Marseille lui refuse, relevant que les appels en garantie d'ICBC caractérisent en soi un état de cessation de paiements. En demandant ce matin l'ouverture d'un redressement judiciaire pour Bourbon Corporation, c'est la tête de proue du bateau que Jacques de Chateauvieux choisit de sacrifier, pour le bien des autres sociétés opérationnelles qui pourront poursuivre leur fonctionnement normalement.

Pour la défense de Bourbon, l'attaque d'ICBC est quand même surprenante. Car à l'issue de la dernière Assemblée générale des actionnaires, Bourbon avait su réduire les projets ambitieux à une mesure sage, en proposant à ses créanciers deux solutions accommodantes, qui revenaient peu ou prou à ce que les banquiers demandaient initialement. Désormais, l'heure est à l'observation et la concertation, de manière à trouver un accord. Enfin, et au contraire de ce qu'il se dit ailleurs, la société n'a pas choisi de charger son seul créancier chinois pour protéger les prêteurs français d'une indignation. La raison tient au fait que seules les entités chinoises de leasing opérationnels ICBC Leasing, Minsheng Leasing et Export-Import Bank of China sont les créanciers à bénéficier de la garantie de la maison-mère Bourbon Corporation.

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