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Jacques de Chateauvieux jette l'éponge
Le coup est rude pour les actionnaires et porteurs d'obligations de Bourbon, ce groupe de services pétroliers qui organise tant bien que mal son sauvetage depuis plus de trois ans. Au pied du mur, le groupe a en effet dû admettre ce matin des informations de presse selon lesquelles Jacques de Chateauvieux, l'homme de l'une des deux familles fondatrices des Sucreries de Bourbon, jetait l'éponge.
Depuis que Bourbon a reçu au mois de juin une offre de restructuration financière de la part de ses principaux créanciers et crédits-bailleurs, rien ne va plus. Selon les détails du scénario qui était dévoilé avant l'été, les banques françaises et le prêteur chinois ICBC deviendraient propriétaires à 93% du groupe, en échange d'ardoises effacées. Ce qui n'a pas plu à son dirigeant, ce plan laissant à la famille fondatrice un peu plus de 3,5% de son bijou d'antan. C'est pourquoi Jacques de Chateauvieux, entêté, a préféré formuler sa propre offre de reprise pour Bourbon, placé en redressement judiciaire depuis le 7 août.
À la fin du mois de novembre, quatre candidats avaient déposé une offre au Tribunal de Marseille, et toutes ces offres ont été examinées hier. Parmi elles, celles de Jacques de Chateauvieux donc, l’actionnaire principal de Bourbon à travers la société Jaccar, elle-même en procédure de sauvegarde, qui avait reçu le soutien de Didier Le Menestrel, fondateur de la société de gestion d'actifs La Financière de l'Échiquier qu'il a cédée au groupe Primonial. Mais également une offre émanant d'un pool de banques créancières dont Société Générale, Natixis, le Crédit Mutuel et BNP Paribas, qui n’ont plus confiance dans le management et souhaitent reprendre la barre du groupe.
Toutes ont ainsi créé pour l'occasion la Société Phocéenne de Participation (SPP), qui propose désormais d'acquérir non plus 93% de Bourbon, mais bien 100% des actifs, en convertissant environ 1,4 milliard d'euros de dettes en capital et 300 millions de dettes en obligations. L'offre intègre en outre 150 millions d'euros d'apports de financements bancaires dont 30 millions déblocables dès la réalisation du transfert de propriété pour faire face aux besoins de liquidité immédiats.
Cette solution a toutes les chances d'aboutir, d'autant plus qu'elle obtient naturellement le soutien des Chinois au travers d'ICBC, qui n'a eu cesse de faire pression sur le groupe parapétrolier lors de ces derniers mois. Par exemple au mois de juillet, lorsqu'ICBC a demandé des garanties immédiates d'un montant de 800 millions d'euros, ce qui avait fini par placer Bourbon Corporation et la holding Bourbon Maritime en état logique de cessation de paiements.
Cette nouvelle actualité, et l'aveu rare de ses échecs par le dirigeant, signifie pour la famille Chateauvieux la fin de leur histoire familiale dans l’industrie et les services.
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