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Bourbon / jacques de chateauvieux

Bourbon : son PDG forcé à quitter le navire

Les grands créanciers de cet ancien conglomérat familial réunionnais, en mauvaise situation financière, lui ont proposé un accord un peu particulier, qui leur garantit la quasi-totalité du capital.
Bourbon
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Depuis trois ans, Bourbon, spécialisé dans les services maritimes auprès des installations offshore, organise tant bien que mal son sauvetage. La communication par le groupe lui-même d'un accord déséquilibré avec ses principaux créanciers, ce matin, signe la mort d'une entreprise familiale successful, que le capitaine Jacques de Chateauvieux avait su faire passer du sucre à l'offshore avec esprit et vigueur.

L'homme de l'une des deux familles fondatrices des Sucreries de Bourbon, originaires de La Réunion, avait achevé de se désengager du sucre au début du siècle pour orchestrer un virage stratégique vers la pêche industrielle puis la grande distribution, avant de se lancer sur le marché du forage de l'or noir convaincu par la remontée des cours. Il investit massivement dans son projet et se munit d'une flotte impressionnante de bateaux spécialisés, 473 exactement dont plus du tiers qui rouille actuellement à quai. Le désengagement des compagnies pétrolières dans le golfe du Vietnam et le retournement des cours du pétrole qui ont fait fuir les investisseurs, ont eu raison du pari fou de Bourbon.

Selon les derniers résultats financiers disponibles du groupe - qui tardent à se faire connaître depuis que le navire prend l'eau - Bourbon ploie sous la charge d'un endettement net de 2,5 milliards d'euros, partagé à parts équivalentes entre de la dette financière et du crédit-bail. Le chiffre d'affaires a encore chuté de 20 % l'an dernier, à 690 millions d'euros, et l'excédent brut d'exploitation est passé dans le rouge, à - 4 millions d'euros. La perte nette est en légère amélioration, passant de -576 millions en 2017 à -458 millions en 2018.

Il faut dire que l'annonce ce matin par le groupe de la réception d'une offre de restructuration financière de la part de ses principaux créanciers et crédits-bailleurs n'est une surprise pour personne. Depuis des semaines, l'entreprise dit avoir "reçu des propositions", "confirme des discussions avec ses principaux partenaires financiers", et souligne "l'incertitude significative pesant sur la continuité d'exploitation". Cependant, et c'est là ce qui est étonnant, selon les détails du scénario dévoilé ce matin, les banques françaises (BNP Paribas, Société Générale ou encore Natixis), ainsi que la banque chinoise ICBC, premier crédit-bailleur de Bourbon, deviendraient propriétaire à… 93 % du groupe. Ce qui, en tout état de cause, laisserait à la famille un peu plus de 3,5 % de son bijou d'antan. De fait, Jacques de Chateauvieux détient encore 52,5 % de Bourbon au travers de Jaccar, aux côtés de son frère qui détient 7,5 % par Mach Invest.

Cette restructuration financière qui donne tout pouvoir aux banquiers, vient renforcer la fameuse jurisprudence Latécoère qui permet désormais, de plus en plus facilement, aux créanciers d'effacer une partie de l'ardoise quitte à prendre le pouvoir au sein de l'entreprise en faisant le pari de la redresser et de ne rien perdre de leurs créances.

 

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