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Evenements / Hiroto Saikawa

Evenements
Hiroto Saikawa

Le même fruit d'un arbre pourri

Le patron de Nissan démissionne quelques mois après avoir pointé du doigt Carlos Ghosn pour ses malversations financières. Qui mieux que lui, son complice, pouvait "sentir" sa culpabilité. Au moins, ce départ laisse la voie libre à de nouveaux rapprochements.  
Hiroto Saikawa (crédit : DR)
Hiroto Saikawa (crédit : DR)

Si l'on en croit les derniers rebondissements de l'enquête visant le futur ex-patron de Nissan Hiroto Saikawa, il va sans dire que ce n'est pas le fruit, mais l'arbre entier qui est pourri. Au mois de mars déjà, dans un article intitulé "Carlos Ghosn s'est fait trahir par son complice", WanSquare faisait savoir que Hiroto Saikawa était à l'origine de la signature de certains contrats frauduleux pour abus de biens sociaux. À cet effet, on comprend aisément comment l'ancien président exécutif de Nissan pouvait affirmer que Carlos Ghosn était soupçonné de nombreuses autres malversations que la dissimulation de ses revenus aux autorités boursières, puisqu'il avait lui aussi reçu des rémunérations indues. Le coupable est aussi celui à qui le crime profite.

La stratégie d'Hiroto Saikawa de signaler pour se protéger n'aura pas fonctionné longtemps. Carlos Ghosn, Hiroto Saikawa et d'autres, ont pu être surpayés de "plusieurs centaines de milliers" de dollars chacun dans le cadre d'un système qui offrait aux cadres supérieurs une prime basée sur la performance du cours de l'action Nissan, selon des personnes familières avec l'enquête Nissan. Au total, il aurait pu ajouter 47 millions de yens, soit 339.000 euros à son salaire. Surtout, Hiroto Saikawa comptait parmi les principaux dirigeants qui ont soutenu le régime Ghosn pendant des années, en tant qu'administrateur depuis 2005 et administrateur représentatif depuis 2011.

La destitution d'Hiroto Saikawa ouvre au moins deux types de rapprochements pour l'alliance fracturée. En interne, celui qui est encore officiellement aux commandes de Nissan entretenait des relations particulièrement tendues avec le PDG de Renault Thierry Bolloré, qui ne pourra que trouver un meilleur allié en son successeur. Ensuite, quelques mois après l'annulation des négociations pour une fusion entre Renault et Fiat Chrysler, ce changement à la tête de Nissan pourrait ouvrir la porte à de nouvelles discussions. La fusion avait avorté début juin devant les réticences de Nissan et de l'État français, soucieux de retisser d'abord les liens avec les Japonais.

Pour ce qui est de son successeur, plusieurs noms devraient être discutés aujourd'hui lors du Conseil d'administration du constructeur automobile, auquel assisteront bien sur les dirigeants de Renault et administrateurs de Nissan Jean-Dominique Senard et Thierry Bolloré, au siège du Groupe à Yokohama près de Tokyo, et qui devrait se terminer tardivement dans la soirée. 

Pendant ce temps, la performance de Nissan continue de s'aggraver, conduisant à une réduction de sa masse salariale de 12.500 personnes d'ici mars 2023 ; car en plus d'avoir volé dans les caisses, Hiroto Saikawa était un piètre trésorier, lui qui a annoncé au début de l'été une baisse de 99 % du résultat d'exploitation du Groupe.

 

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