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Evenements / Carlos Ghosn / Renault / FCA / Nissan / Alliance / Hiroto Saikawa

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Carlos Ghosn / Renault / FCA / Nissan / Alliance / Hiroto Saikawa

"Nissan sera toujours Nissan"

Sans surprise, l'AG a mis à nu la crise non résolue entre l'entreprise nippone, Renault et l'État français. Les fissures sont telles qu'il devient difficile de croire à une réconciliation solide.
Hiroto Saikawa (crédit : DR)
Hiroto Saikawa (crédit : DR)

"Nissan sera toujours Nissan". Voilà une phrase du dirigeant de Nissan Hiroto Saikawa lors de l'AG du constructeur japonais, qui met un terme définitif aux rumeurs déjà quasiment éteintes de fusion avec Renault. Mais plus encore, elle appelle à un dialogue indispensable sur la structure financière et l'avenir de "l'Alliance".

Alors oui, les deux partenaires ont bien trouvé un accord sur la représentation de Renault dans les puissants comités du conseil d'administration du constructeur nippon. Mais si cela s'est produit, c'est uniquement parce que Renault, premier actionnaire de Nissan avec une participation de 43,4 %, avait menacé le 10 juin dernier de ne pas voter la réforme de la gouvernance de son partenaire si celui-ci n'acceptait pas que Renault siège à plus d'un comité. Ce qui aurait bloqué la réforme, pour laquelle une majorité des deux tiers est nécessaire. Une concession que l'un des actionnaires s'est permis d'associer à la position de faiblesse dans laquelle se trouve Nissan.

Et surtout, si le projet avorté de rapprochement entre Renault et Fiat Chrysler (FCA) négocié depuis février, avait eu lieu (ce qui aurait été nettement envisageable sans l'ingérence infernale de Bruno Le Maire), ce n'est pas certain que les actionnaires de Nissan auraient fini par accepter la présence de Thierry Bolloré, le directeur général de Renault, au comité d'audit. C'est dire si le partenariat est bancal. Sur ce sujet d'ailleurs, Jean-Dominique Senard s'est vu à plusieurs reprises reprocher de ne pas avoir associé la direction japonaise dans les négociations avec FCA.

Quant au patron exécutif Hiroto Saikawa, il a lui été reconduit au conseil d'administration de Nissan. L'ancien bras droit de Ghosn qui, rappelons-le, avait signé plusieurs contrats frauduleux pour abus de biens sociaux. Et n'avait de fait eu aucun mal à signifier aux autorités que son complice était impliqué dans d'autres malversations financières que celles qu'on lui a initialement reprochées en novembre dernier. C'est là toute l'hypocrisie. Puisqu'en parallèle, le nouveau schéma de gouvernance à trois comités (des rémunérations, des nominations et de l'audit) de Nissan, qui a été voté, a lui pour but de renforcer les contrôles internes après l'affaire Ghosn.

Sans compter que dans l'esprit de nombreux investisseurs, l'arrestation de Carlos Ghosn - qui continue de nier tout acte répréhensible - est liée aux tensions qui ont surgi lorsque Renault et le gouvernement français ont poussé Nissan dans des négociations de fusions malvenues. C'est dire si l'Alliance n'a de cela que le nom. Le sujet sera de nouveau sur la table demain et après-demain, du fait du déplacement d'Emmanuel Macron au Japon pour une rencontre avec le Premier ministre Shinzo Abe. "Ce sera l’occasion pour le président de réaffirmer l’attachement fort de la France à l’Alliance", a fait savoir l’Élysée. Vaste programme.

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